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02 februari 2021 | PHILIPPE SELKE

Immobilier résidentiel : la connectivité comme levier vers la durabilité

Sous l’égide de l’agence de communication Two Cents, une table ronde virtuelle a rassemblé des représentants de plusieurs fabricants et distributeurs de produits de construction pour tenter de dresser le portrait du constructeur et du rénovateur en 2021. L’exercice, étayé par des statistiques présentées par essencia, se limitait au secteur résidentiel mais n’en était pas inintéressant pour autant. Voici quelques éléments pour tordre le cou à quelques idées reçues.

 

Modéré par Frédéric François, ce tour de table a donné la parole à des représentants de VELUX, Sto, Daikin, FACQ, Wienerberger, Winsol et Husqvarna. Essencia introduisait chaque chapitre par quelques données statistiques. Ainsi, pour illustrer la question « Le Belge a-t-il toujours une brique dans le ventre ? », nous avons appris que les 20 dernières années n’ont pas vu d’évolution significative entre construction neuve et rénovation de logements. Situation assez désespérante d’ailleurs, au regard de l’obsolescence de notre parc résidentiel et de tous les incitants à le rénover en profondeur. Quant à la typologie des logements, la part des appartements a cessé d’augmenter à partir de 2018, et on constate un retour vers la maison 4 façades (qui compte encore pour environ 20% de l’ensemble des nouveaux logements), encore renforcé par la crise sanitaire. Les habitations semi-mitoyennes semblent cependant avoir la cote. En construction neuve, de plus en plus de gens se tournent vers les offres clé sur porte, plutôt que de se lancer dans un chantier de construction avec architecte. D’où la question de savoir si le Belge a encore une brique dans le ventre ? A cette question, l’ensemble des intervenants a assuré que c’est encore le cas, parce qu’ils sont confrontés à des questions de plus en plus pointues sur les qualités de leurs produits, notamment en termes de durabilité. Constat partagé également : les particuliers sont beaucoup mieux informés que jadis, car ils utilisent intensivement internet pour se documenter avant d’entrer dans le showroom.

 

Smart homes ? Oui, mais pas n’importe quoi et n’importe comment !

Face au déferlement des objets connectés, le consommateur devrait être à la recherche de valeur ajoutée. Une bonne part de la connectivité que l’on nous propose tient en effet plus du gadget, ne servant pas à grand-chose d’autre que de nous éviter de nous lever pour appuyer sur un bouton, comme si l’industrie prenait l’ensemble de la population pour des PMR... L’enquête présentée par Essencia montre malgré tout qu’une grande partie des personnes interrogées se complait dans son fauteuil puisque le confort supplémentaire et la possibilité de commander l’installation depuis son smartphone sont les deux raisons les plus citées pour opter pour la domotique. Heureusement, 46% des personnes interrogées citent le peu de valeur ajoutée comme argument principal pour ne pas s’équiper en domotique. Les intervenants ont ici insisté pour la plupart sur cette valeur ajoutée tant recherchée, l’un d’entre eux allant même jusqu’à affirmer qu’il n’y aura pas de transition énergétique sans connectivité. En effet, la domotique présente un intérêt certain pour le monitoring des consommations, tant localement qu’à distance. Mesurer, c’est savoir et donc être en capacité de corriger le tir si tel ou tel appareil consomme trop. « Suivre sa consommation énergétique est très stimulant et certains se prennent au jeu », a-t-on notamment entendu. Ceux-là seront frustrés quand la connectivité, dans un stade ultime, ne demandera plus à intervenir puisqu’elle régulera tout à notre place. En attendant ce scénario « miracle », les installateurs ont la possibilité d’intervenir à distance pour un reparamétrage éventuel de l’installation.

 

Vous avez dit durabilité ?

Le mot durabilité est certainement le plus galvaudé de tous actuellement, car il ne peut manquer dans aucun communiqué de presse venant d’une entreprise active dans le secteur du bâtiment. Essencia jette un pavé dans la mare en révélant que seuls 5% des rénovateurs particuliers sont motivés par une pensée écologique, la raison principale pour procéder à une rénovation étant de moderniser son habitation. Viennent ensuite économiser et réparer. Mais, en même temps, 45% des personnes interrogées n’ont aucune idée de la performance énergétique (chiffre PEB) de leur logement. Et 35% autres pourcents ne la connaissent pas non plus mais « pensent que c’est bon ». Bref, on comprend qu’on est encore très loin de rencontrer les objectifs européens…