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26 maart 2015 | PHILIPPE SELKE

Un hôpital de pointe pour la région liégeoise (Artau et Assar)

Illustratie | Assar Architects
Illustratie | Assar Architects
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Illustratie | Assar Architects

Dès 2002, le CHC (Centre hospitalier chrétien) émet l’idée de regrouper les activités de ses trois cliniques liégeoises (Saint-Joseph à Liège, l'Espérance à Montegnée et Saint-Vincent à Rocourt) sur un nouveau site. Quinze ans plus tard, courant 2017, l'idée deviendra réalité avec l'ouverture de la clinique du MontLégia, un hôpital de pointe, sur un ancien site de charbonnage. Le projet a été confié aux bureaux Artau et Assar.

Les trois cliniques les plus anciennes du CHC datent en effet de plus de cent ans et ont fait l’objet d’agrandissements successifs. Elles ne répondent plus aux normes actuelles en matière d'ergonomie. Un appel d’offres européen a donc été émis à l'époque pour réaliser un nouveau bâtiment les regoupant sur un nouveau site. Le projet des bureaux Artau et Assar a séduit le maître d'ouvrage par sa flexibilité et l'évolutivité qu'il confère au bâtiment. La conception en croix des services de soins permet d’optimiser les économies d’échelles et le confort de travail pour le personnel, avec des trajets plus courts. La luminosité et les possibilités d’éclairage naturel du bâtiment grâce à l'implantation sur un terrain dégagé sont aussi des ascpects très importants.

Ce nouvel hôpital est organisé selon le principe du face-à-face, nos services médico-techniques sont placés en face de nos zones d’hébergement. La zone médico-technique inclut les installations d’imagerie médicale, d’urgences, de médecine nucléaire, des soins intensifs et du bloc opératoire. Les ailes d’hébergement seront organisées en deux zones : une zone adulte et une zone comprenant les services mère-enfant d’une part et la psychiatrie d’autre part.

 

Une histoire de flux

La gestion des flux dans l'hôpital permettra de séparer les flux de patients couchés des flux de patients debout et de visiteurs, et ce grâce à un couloir de liaison entre la partie médico-technique et les zones d’hébergement, qui permettra en priorité le déplacement dans l’hôpital des patients hospitalisés. Par ailleurs, la rue intérieure permettra aux visiteurs et patients ambulants de se rendre dans les unités de soins situées en étage ou au rez-de-chaussée pour une consultation. Le parking pour les visiteurs a été installé sous les zones d’hébergement pour réduire au maximum le trajet à parcourir au sein de l’hôpital. Il y aura bien sûr un bureau d’accueil et d’information unique mais également de bureaux d’accueil et d’inscriptions en polyclinique décentralisés.

 

Un hôpital accessible et à taille humaine

Sur ce site de trente hectares, le projet hospitalier en occupe un peu moins de dix, incluant l’espace destiné aux 1300 emplacements de parkings extérieurs et aux 600 stationnements souterrains. L’accessibilité à l’hôpital est un élément sur lequel maître d'ouvrage et concepteurs ont longuement  réfléchi. Rejoindre l’hôpital via l’autoroute se fera par l’intermédiaire d’un nouvel échangeur. Des stations de transports en commun sont également prévues. Pour le bâtiment lui-même, le maître d’ouvrage avait deux exigences : il souhaitait une distinction claire entre le pôle « adulte » et le pôle « mère-enfant » d’une part et, d’autre part, un plateau médico-technique juxtaposé aux zones d’hospitalisation. Il souhaitait également une majorité de chambres à un lit avec une vue attrayante, tout en gardant une taille d’unités de soins optimale au regard des normes hospitalières (nombre d’équivalents temps plein lié au nombre de lits par unités de soins).

Toutes ces volontés devaient être respectées avec un budget défini par les autorités de tutelle. Pour limiter les distances à parcourir, les architectes ont proposé au maître d’ouvrage de situer les zones de consultation (polyclinique) sous les installations d’hospitalisations,  plutôt que de construire un élément distinct supplémentaire. Les choix architecturaux ont été systématiquement centrés sur la qualité de vie et de travail de la personne, ainsi que les valeurs humaines que cette institution défend.

 

Une croix qui rapproche et illumine

Le point de départ des concepteurs a été les unités de soins. Pour ces unités, parmi les nombreuses configurations étudiées, la configuration en croix est apparue comme la plus judicieuse. Grâce à cet aménagement particulier, les locaux de service et du personnel sont systématiquement situés dans l’axe de circulation formé par les ailes de la croix. Cela a permis de réduire les distances parcourues par le personnel, la chambre la plus éloignée étant située à environ 20 mètres des locaux.

Chaque zone du bâtiment a été conçue afin qu’elle soit le plus autonome possible, à l’image des quartiers d’une ville. De cette manière,  la taille de l’hôpital importe peu car le personnel et les patients n’ont pas à le traverser entièrement pour effectuer leurs tâches quotidiennes. Dans cette même optique, chaque parking sera dédié à une zone spécifique.

L’aménagement en croix des unités de soins fait que toutes les chambres ont des vues généreuses.

 

Matériaux et image

Dès l’appel d’offres, les architectes ont proposé la prédominance de la couleur blanche et une construction traditionnelle. Les façades sont constituées de voiles de béton. Une façade en brique, lourde et onéreuse, n'était pas envisageable car elle viendrait en porte-à-faux de la structure principale. Le choix s'est donc orienté vers des éléments préfabriqués à grande échelle pour pouvoir également construire l’hôpital plus rapidement. Ce terrain étant un ancien site de charbonnage, les concepteurs ont décidé de jouer sur la nuance de blanc et de noir pour créer des oppositions et des jeux de lumière. Les façades seront composées de panneaux minces, les plus légers possibles. Le choix précis du matériau, parmi ceux retenus - aluminium, acier ou céramique - sera posé par les soumissionnaires dans le cadre de l’appel d’offres.

Pour l'intérieur du bâtiment, on trouve une large palette de couleurs et de matières, ainsi que des harmonies entre les différents lieux. Il s'agissait avant tout  d'éviter d’obtenir un espace neutre - comme un hall de gare.

 

Plus qu'un hôpital

Profitant d’un site vierge de plus de 30 hectares, le CHC projette la création d’un éco-quartier dans la périphérie de l’Hôpital incluant une nouvelle zone économique  de 5 hectares et de 400 à 600 nouveaux logements. La décision a été prise d’implanter une zone dédicacée dédiée aux activités communautaires, des PME en lien avec la santé et l’hôpital, et de l’habitat. Ce projet comprend en effet un important enjeu en termes de mobilité : il sera nécessaire de construire un nouvel accès autoroutier pour accéder au site, et une profonde réflexion a été menée concernant les transports en commun.