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13 mei 2019

Roland-Garros : un nouveau court, intégré dans un jardin de serres

Illustratie | © Camille Gharbi photographe
Illustratie | © Camille Gharbi photographe
Illustratie | © Camille Gharbi photographe
Illustratie | © Camille Gharbi photographe
Illustratie | © Camille Gharbi photographe

L'architecte Marc Mimram a parfaitement intégré les demandes et les exigences de la Fédération Française de Tennis pour la conception d'un nouveau court, le court Simonne-Mathieu, au sein de la prestigieuse enceinte de Roland-Garros (Paris). Cette conception propose un court intégré dans des serres de métal et de verre, ces serres proposant un jardin botanique ouvert au public. Le nouvel ensemble aura véritablement deux vies différentes chaque année, pendant le tournoi et en-dehors de celui-ci.

 

Simonne Mathieu est une joueuse de tennis française des années '30, au caractère bien trempé et ayant activement participé à l'effort de guerre au sein des Forces Françaises Libres. Ayant succédé à la célèbre Suzanne Lenglen dans les palmarès et dans le cœur des Français, il était dès lors logique qu'un nouveau court porte son nom à Roland-Garros.

Prolonger l'histoire construite

Le jardin des serres d’Auteuil, construit au XIXe siècle, se caractérise par les serres botaniques construites par Jean Camille Formigé, l’architecte du service des promenades et plantations de la ville de Paris. Ces serres sont un repère historique d’acier et de verre, emblématique de l’architecture de cette époque. La partie Est du jardin, par contre, est marquée par la présence de bâtiments techniques et de serres provisoires sans intérêt patrimonial. C’est à cet emplacement que le projet prend sa place en se développant sur trois caractéristiques : construire un bâtiment performant pour le sport et le public; améliorer le caractère botanique du jardin par la construction de nouvelles serres accessibles toute l'année au public; s’installer en dialogue avec les bâtiments historiques de Formigé.
Le projet sportif de la Fédération Française de Tennis s’accompagnait donc d’un projet cohérent : le nouveau court Simonne-Mathieu devait être à la fois une vitrine du sport de haut niveau et celle d’un développement botanique renouvelé.

Un nouveau concept sport nature

Le court Simonne-Mathieu n’est pas fermé sur lui même, mais il est issu et inscrit dans le dialogue avec son environnement. C’est un projet unique qui va se développer , il appartient au sol dans la partie du court engravé à 4,5 mètres de profondeur, il appartient au ciel dans la couverture de verre qui protège la tribune haute. Ici les douces ondulations des auvents de verre protègent le public de la tribune haute, des intempéries, créent des ombrières et protègent acoustiquement le court des nuisances sonores du boulevard périphérique. C’est entre le ciel et le sol que se développe dans une hauteur comparable à celle des serres historiques un horizon végétal ouvert tout à la fois à la vue des publics, du jardin et du nouveau court.

Structure et transparence

Le projet proposé reprend l’orientation des serres historiques. Sur les longs pans Est et Ouest se développent deux grandes serres de 70 m de longueur dans la direction Nord Sud prolongées par les auvents de la tribune haute. Au Nord et au Sud, deux serres de 40 m de largeur se développent. Si l’architecture du XIXe siècle a été marquée par le développement de l’acier et du verre, le projet se propose de traduire aujourd’hui cette préoccupation dans un vocabulaire contemporain, une structure élégie d’acier à inertie variable accueillant des éléments de verre en écailles qu‘il est possible aujourd’hui de réaliser en exprimant le savoir-faire contemporain. En fonction des orientations, le verre est sérigraphié pour protéger les spectateurs sans porter ombre sur le court. Le projet se développe dans une attention particulière aux caractéristiques environnementales, évidemment par le caractère bioclimatique des installations destinées aux plantes, mais aussi par l’économie de moyens, l’économie de matières et l’attention portée à la construction de ce bâtiment exceptionnel. La transparence et la légèreté de cette structure et de cette couverture s’adressent ici très justement à la nature des plantes qu’elles accueillent mais aussi l’accueil du public et des sportifs. C’est un 'bijou sportif et constructif' qui prend place dans ce jardin avec délicatesse, améliorant ainsi le dispositif d’exposition des plantes et montrant combien le nouveau court Simonne-Mathieu peut rendre service et rentrer en dialogue avec la nature du jardin qui l’accueille.

Un bâtiment accueillant et ouvert au public

Deux périodes seront distinguées dans la vie de ce bâtiment : pendant le tournoi et en-dehors de celui-ci.
Durant le tournoi, le jardin s’ouvrira aux différents publics et le projet prévoit différents filtres dans les contrôles et les accès des visiteurs. La gestion des flux est en effet un enjeu majeur dans le dialogue entre le court et le jardin.
En dehors de la période du tournoi, le nouveau court s’inscrira dans la déambulation à travers les serres et les qualités botaniques du nouveau projet d’occupation de celles-ci permettent un cheminement naturel des piétons à l’intérieur des serres et une présentation paysagère des biotopes nouvellement constitués.