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15 december 2015

Amélioration du confort thermique par les peintures : est-ce possible et intéressant ?

Evolution des déperditions de chaleur en cas d’utilisation de peintures basse émissivité combinées à différents niveaux d’isolation thermique Illustratie | CSTC

Depuis quelques années, de nouvelles peintures dites réfléchissantes, isolantes, basse émissivité ou encore anticondensation font leur apparition sur le marché. Plusieurs simulations numériques reproduisant des structures et des bâtiments existants ont été menées afin d’évaluer les performances réelles de ces nouvelles peintures. Cet article du CSTC livre les principaux résultats de cette étude.

L’application d’une peinture peut permettre de modifier les propriétés thermiques de surface d’un matériau. Sur ce principe, de nouvelles peintures visant à diminuer les consommations énergétiques des bâtiments, à améliorer le confort thermique ou encore à éviter les phénomènes de condensation ont été développées. Il convient cependant de distinguer deux catégories de peintures :
 

  • les peintures extérieures, souvent appelées peintures réfléchissantes
  • les peintures intérieures, parmi lesquelles on retrouve les finitions thermiquement isolantes et les peintures basse émissivité.

 

Peintures réfléchissantes

Appliquées en extérieur, le plus souvent en toiture, ces peintures, généralement de couleur blanche, permettent de réfléchir une partie plus importante du rayonnement solaire. En diminuant la quantité de rayonnement absorbé, la paroi du bâtiment s’échauffe moins et une plus faible quantité de chaleur est dès lors transmise vers l’intérieur de la structure. Ce comportement est recherché afin de réduire les besoins en refroidissement et d’améliorer le confort thermique des occupants en été (¹).

Si de telles peintures sont appliquées avec succès dans les régions connaissant un ensoleillement important, il n’en est pas toujours de même dans des pays comme la Belgique. Des modélisations numériques simulant différentes configurations de toiture (toiture en béton, en bois ou en métal) et d’isolation (pas d’isolation, 6 cm et 18 cm d’isolant) indiquent effectivement que, dans nos contrées, ces peintures réduiront les gains solaires en période hivernale et induiront toujours une augmentation des dépenses énergétiques durant cette période. Les calculs montrent que l’augmentation des déperditions sur la paroi traitée sera toujours de l’ordre de 14 % (voir la version intégrale de cet article pour les hypothèses et les résultats complets) en comparaison avec une paroi non traitée présentant un niveau d’isolation thermique identique.

En été, les simulations numériques révèlent que les peintures réfléchissantes permettent de diminuer les consommations énergétiques lorsqu’un refroidissement actif est présent et d’améliorer le confort thermique si aucune climatisation n’est installée. Cet effet diminue toutefois avec l’augmentation du niveau d’isolation du bâtiment.

Pour le bâtiment de bureaux considéré lors de l’étude que nous avons menée, la réduction des besoins de refroidissement en période estivale était compensée par l’augmentation des besoins de chauffage en période hivernale. Le bilan annuel ne justifiait donc pas l’utilisation d’une peinture réfléchissante. En comparaison, l’amélioration de l’isolation thermique permettait à la fois de réduire les consommations énergétiques en hiver et d’améliorer le confort thermique en été. Elle constituait par conséquent la solution à privilégier.

Sur un bâtiment existant, le bilan lié à l’utilisation de ces peintures restera fonction de nombreux paramètres tels que la destination du bâtiment (bureaux, commerces, bâtiment industriel…), son niveau d’isolation ou encore ses besoins de chauffage. L’accroissement des déperditions pourra, par exemple, se révéler négligeable au regard de l’ensemble des consommations du bâtiment. Ce bilan sera donc à évaluer au cas par cas afin de conclure de la pertinence de l’utilisation de ces peintures. Il sera également à mettre en relation avec d’autres options telles que l’isolation qui reste, selon nous, la solution à privilégier en Belgique.

 

Peintures thermiquement isolantes et basse émissivité

Appliquées toutes deux en intérieur, ces peintures visent à améliorer le confort thermique et à diminuer les consommations énergétiques en hiver.

 

Poursuivez la lecture de cet article sur le site du CSTC.

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