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05 mei 2015 | PHILIPPE SELKE

Focus sur le Mons Memorial Museum (Atelier d'architecture Pierre Hebbelinck)

Illustratie | François Brix
Illustratie | François Brix
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Brussels Greenbizz, projet mixte logements-bureaux respectueux de l’environnement Illustratie | François Brix
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Après le Silex's et l'Artothèque, nous poursuivons la découverte des nouveaux lieux de culture de la Cité du Doudou avec le Mons Memorial Museum, qui vient tout juste d'être inauguré officiellement. Il s'agit du dernier des projets réalisés en date par l'Atelier d'Architecture Pierre Hebbelinck dans la région montoise, après le Musée des Arts Contemporains du Grand Hornu, le Théâtre le Manège.Mons, ou le Dépôt des Œuvres d'Art de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Winston Spriet et Martial Prévert en ont réalisé la scénographie.

Le Mons Memorial Museum s'inscrit dans le projet Mons 2015 - capitale européenne de la culture. Il constitue, d'autre part, le 13e site des pôles muséaux montois, en amenant sa part de culture en regard des aspects militaires de la ville de Mons. Il comprend une zone d'exposition permanente sur l'histoire militaire de la ville de Mons intégrée dans un contexte international, avec des sections importantes consacrées aux deux guerres mondiales, mais aussi un espace d'exposition temporaire qui approfondira régulièrement différentes thématiques sur ce même sujet.

Le bâtiment comprend à la fois une partie ancienne classée, la Machine à eau, et deux nouvelles ailes de part et d'autre de celle-ci. L'enjeu du projet se situe au niveau de l'intégration urbaine, qui se fonde sur l’observation de Mons, ville fortifiée de garnison, qui va connaître un tournant important dans son développement lors de la disparition de ses dernières enceintes. Ces fortifications disparues se lisent encore dans le mode d'organisation de la ville. La Machine à Eau en est un témoin majeur, symbole d’une société de l’industrialisation soucieuse de l’amélioration de la qualité de vie. La valeur patrimoniale du bâtiment dépasse sa qualité esthétique et technique. L’opacité des extensions, conçues de telle manière à favoriser l’introspection sur le contenu contraste avec l’espace de lumière du corps du bâtiment. Le parcours incliné est limpide et s’inscrit dans une logique spatiale et sensorielle permettant au visiteur de se consacrer uniquement à ce à quoi il doit être confronté.

 

Le mot des architectes

« L’architecture a toujours mué au travers des siècles. De manière influente, les conflits et les aléas – souvent violents – de l’Histoire ont engendré à chacune de leurs issues des mutations sociales et économiques importantes. Elles ont systématiquement obligé la société à questionner les architectes afin de lui permettre d’adapter son univers construit. Aussi cynique soit-il, chaque conflit a imposé de réinventer le rapport à l’espace, d’améliorer le cadre de vie, en d’autres mots, d’être à chaque époque, moderne et contemporain de l’instant. Le lieu que nous avons conçu est là pour le rappeler. Un nouveau corps architectural intègre la Machine à Eau dans un récit spatial qui permet d’appréhender par la perception physique et les connaissances, les tranches violentes de notre histoire. Ce lieu fait appel à tous les sens pour mettre en avant la mémoire commune, civile (les occupations, l’entre-deux guerres) pour faire émerger les outils de la compréhension du monde contemporain. Les recherches spatiales, les nombreuses maquettes, les applications sensibles des matières ont contribué à former un langage architectural au profit de la mise à disposition de ces outils auprès du visiteur. »

 

Le mot des scénographes

« Les conflits ont marqué le cours de l’histoire. Ils ont marqué et modifié des territoires. De Mons fortifiée, il ne reste que peu d’empreintes physiques. Seuls quelques objets et documents évoquent son passé de ville assiégée puis son chemin vers la modernité par la disparition des fortifications. C’est au travers de ces objets, documents et témoignages que chacun doit interroger l’histoire. Ils en sont des traces éloquentes. Un fusil, une tasse, une lettre nous laissent entrevoir la main qui les a tenus, le geste répété qui les a usés, la personne qui les a façonnés. Un témoignage, une lettre, montrent le quotidien d’hommes et de femmes face à ces évènements extraordinaires. Cette présentation d’éléments familiers nous plonge dans l’intimité de leurs vies. Une réalité, singulière et fragile, à laquelle nous pouvons nous identifier. Et qui nous interroge sur le présent. »