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21 oktober 2015 | PHILIPPE SELKE

Au pied de l'Atomium, Lhoas & Lhoas fait du Trade Mart un musée de l'art et du design

Illustratie | Lhoas & Lhoas
Brussels Greenbizz, projet mixte logements-bureaux respectueux de l’environnement Illustratie | ADAM © Pierre & Pablo Lhoas
Brussels Greenbizz, projet mixte logements-bureaux respectueux de l’environnement Illustratie | ADAM © Pierre & Pablo Lhoas
Brussels Greenbizz, projet mixte logements-bureaux respectueux de l’environnement Illustratie | ADAM © Pierre & Pablo Lhoas
Brussels Greenbizz, projet mixte logements-bureaux respectueux de l’environnement Illustratie | Studio Jean Nouvel @ ADAM

Le Art & Design Atomium Museum (ADAM), qui ouvrira ses portes le 11 décembre prochain, s’implante sur le plateau du Heysel, entre l’Atomium et le Palais 5. Le projet prend place dans le bel immeuble méconnu de l’architecte John Portman qui abrite le Trade Mart Brussels : un bâtiment très bas à l’écriture architecturale sobre, assez en retrait des espaces publics. C'est au bureau Lhoas & Lhoas qu'ont été confiés l'aménagement des lieux et la scénographie. Le studio Jean Nouvel est quant à lui intervenu pour créer une entrée digne de ce nom.

Genèse du projet

Le Art & Design Atomium Museum a été initié par le département Expositions de l’Atomium et résulte d’une double dynamique. Il y a, d’une part, la volonté de ce département - en accord avec la vocation touristique, culturelle et pédagogique de l’Atomium - de pouvoir réaliser des expositions de grande ampleur que les surfaces limitées de l’Atomium ne lui permettent pas. L’idéal étant de s’implanter dans les abords immédiats de l’édifice. D’autre part, le désir de tirer le meilleur parti d’une collection exceptionnelle de design [Le Plasticarium] dont le propriétaire de l’époque [Philippe Decelle] exigea qu’elle demeure cohérente et intègre un projet muséal à Bruxelles. Constitué depuis les années 1980, cet ensemble singulier et unique au monde regroupe plusieurs milliers d’objets en plastique allant du plus usuel à l’oeuvre d’art.

 

Du Trade Mart à l'ADAM

Pour mener à bien le projet du ADAM, le bureau Lhoas & Lhoas Architectes s’est associé à Thierry Belenger, l’un des meilleurs spécialistes belges du design du XXe siècle. L’équipe se compose également de l’historienne et théoricienne du design, Alexandra Midal. Côté aménagement intérieur : le mobilier et son choix sont le fruit d’un partenariat étroit avec Vitra.

La qualité du bâtiment existant demeure dans sa simplicité d’écriture, ses dimensions démesurées, la radicalité de sa structure, autant de caractères que les architectes ont souhaité conserver cultivant l’idée du «lieu trouvé» : châssis coulissants des couloirs conservés ou réutilisés, plafond à caissons en béton de la dalle laissé tel quel, disparités des peintures du plafond et des poteaux conservées.

L’organisation du projet tire parti du cloisonnement existant et des rares parties avec vues vers l’extérieur. Les deux grands couloirs conservés forment deux galeries qui tour à tour distribuent les zones d’exposition, le stock, les réserves et l’administration ; alors que l’auditorium prend place dans l’axe de l’entrée, dans une salle aux cloisons déjà existantes. Entrée, cafétéria et espace d’exposition temporaire bénéficient de larges vues sur l’extérieur et le grand palais, contribuant ainsi à la visibilité du musée.

 

Modularité et rotation des collections

L’architecture neutre et modulaire du bâtiment constitue un décor parfait pour accueillir des dispositifs souples et variés. La proposition des architectes est de confectionner une « boite à outils » reprenant différents éléments [socles, murs, vitrines] faciles à déplacer et à mettre en place pour recevoir la multitude d’objets, quelle que soit leur taille.

La collection est d’une importance telle [plus de 2.000 objets] qu’elle ne pourra pas être présentée en permanence dans son intégralité. Les cloisons vitrées existantes conservées donnent l’occasion de montrer les réserves, de les scénographier tout en les intégrant complètement dans le parcours de la visite. Cette intégration du stock permet d’année en année une rotation importante des pièces exposées.

 

Scénographie

Plutôt que de présenter les objets de façon chronologique, par thèmes ou par couleurs : il semble plus pertinent d’établir des liens conceptuels, sociaux, voire philosophiques, entre les objets. C’est donc la question du sens - mis en lumière par l’établissement d’associations avec d’autres disciplines et ou d’autres catégories d’objets - qui détermine le fil rouge de la scénographie.

Dans un esprit de respect et de valorisation des objets, les architectes utilisent pour constituer les fonds et supports d’exposition uniquement des matériaux bruts - tels le bois, l’acier, l’aluminium, le polycarbonate, etc., - qui contrastent avec avec le plastique et les couleurs de la collection.

De la même manière, l’éclairage et les alimentations électriques sont abordés d’une manière tout aussi pragmatique. Chaque élément, toujours apparent, s’inscrit dans la trame du plafond et renforce l’aspect modulaire de la structure à caissons.

 

Escalier d’accès principal, par Jean Nouvel

La façade du Trade Mart est intéressante dans la mesure où elle présente un alignement vertical fait de panneaux miroirs couleur bronze qui reflètent la végétation dense alentours. L’escalier existant est construit en échafaudage, élément à la fois stable et éphémère, montable et démontable à l’infini. Cette structure évoque donc à elle seule toute une poétique de la durée et de la transformation. C’est pourquoi cet escalier est conservé.

Il lui faut cependant exister par rapport au bâti auquel il donne l’accès et signifier le nouveau Musée par son entrée : le visiteur se doit d’être accueilli par un ouvrage surprenant. C’est la raison pour laquelle sera créé un axe de symétrie orthogonale imaginaire au dessus du palier haut. Cet axe servira à la construction d’un escalier identique et symétrique à l’existant mais inversé, tel un auvent.

Un graphisme de couleurs inversées viendra renforcer l’aspect inédit de cet ouvrage, jeu entre symétrie littérale et non littérale. La dimension ludique du traitement graphique est à l’aune de la gaité qui se dégage de la collection Plasticarium présentée au public. Par ses effets de miroirs, la façade réfléchissante du Trade Mart démultipliera le nombre d’escaliers - virtuels, ceux-là - soulignant encore d’avantage l’existence du lieu et de son entrée.

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