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05 september 2016 | PHILIPPE SELKE

XDGA va rénover et agrandir le Musée des Beaux-Arts de Tournai

Illustratie | XDGA
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Le Musée des Beaux-Arts de Tournai est l’œuvre majeure de Victor Horta en Wallonie et le seul musée conçu en tant que tel au cours de sa carrière. Dans une première phase, le marché porte sur une mission complète d’étude et de suivi de l’exécution des travaux de rénovation du bâtiment du musée, de construction d’une extension et d’aménagement de ses abords directs. Il vient d'être attribué à Xaveer De Geyter Architects, en équipe avec Barbara Van Der Wee (restauration), Kascen (scénographie), Ney & Partners, Ingenium et Daidalos. Reste à la Ville à trouver les budgets...

 

Le bâtiment actuel compte un peu plus de 3000 m², soit 2000 m² de zones publiques ainsi que près de 1000 m² en semi sous-sol contenant réserves et logement de fonction, accessible par le jardin, pour le concierge. Rénové et étendu, le musée doublera sa surface pour atteindre une surface totale d’environ 6000 m² et son personnel sera quadruplé par rapport à aujourd’hui.

L’objectif général du projet est d’améliorer la valorisation et la conservation des œuvres, l’accueil du public et de soutenir l’inscription du lieu culturel dans l’Eurométropole ainsi qu’à l’international.  Le projet doit réorganiser complètement les surfaces disponibles actuellement, avec une attention particulière portée à l’articulation entre l’ancien et le nouveau bâtiment. Le Musée, qui n’expose jusqu’à présent que 3 à 5 % de la collection, pourra ainsi accueillir davantage d’œuvres et ce, dans des conditions de luminosité, de température et d’hygrométrie adaptées, afin de permettre une coexistence dynamique d’expositions permanentes d’arts ancien, moderne et contemporain et d’expositions temporaires. Il intègrera une série d’espaces de services complémentaires destinés au public, au personnel mais également au stockage de la collection, dont les conditions de conservation seront adaptées. Enfin, c’est l’accueil du public, dont celui des personnes à mobilité réduite et autre public fragilisé, qui vise à être amélioré par de meilleures conditions de confort et de sécurité, des dispositifs d’animation didactique et une inscription intensifiée de l’équipement dans l’espace public urbain.

 

Difficultés rencontrées

La sauvegarde des collections est actuellement mise en péril que ce soit face aux conditions climatiques ou de leur sécurité. Souhaitées par Victor Horta afin de dispenser un maximum de lumière à l’intérieur des salles du musée, les superbes verrières Art Nouveau qui couvrent la totalité de la surface en toiture produisent, à certains moments du jour ou de l’année, un excès de luminosité qui nuit à la perception et à la protection de certaines œuvres ou au simple confort de vision dans lequel elles doivent être contemplées. Par ailleurs, elles provoquent un échauffement excessif des espaces intérieurs, à la manière d’un effet de serre.

Cet échauffement est à la fois dommageable pour les œuvres, qui ne peuvent de ce fait être exposées à température et à taux d’humidité constants, ainsi que pour les visiteurs, dont le confort de visite est perturbé par l’élévation de température. On relève également des défauts localisés d’étanchéité des toitures. La grande majorité des réserves n’est actuellement accessible que depuis l’extérieur, ce qui pose beaucoup de difficultés pour la manipulation des œuvres entre réserve et espace d’exposition.

Enfin, le bâtiment est totalement enclavé et masqué, alors qu’il se situe à proximité des remparts historiques de la ville (porte Saint-Martin), du boulevard périphérique (boulevard de Lalaing, lieu de transit automobile important) et de l’Hôtel de Ville, repères structurants dans le paysage urbain. Horta lui-même déplorait déjà dans ses mémoires qu’il fut situé « en un endroit perdu » et donc en quelque sorte caché.

 

La proposition de l'équipe XDGA

Les architectes proposent d’organiser toute l’exposition qui nécessite un contrôle de température, d’hygrométrie ou de luminosité avancée dans un bâtiment plus adapté qui est la nouvelle extension. Simultanément, les espaces centraux du bâtiment sont transformés en espaces publics, accessibles aux citoyens et programmés de manifestations non-muséales. Les salles périphériques du bâtiment Horta seront désormais quant à elle intégrées au parcours de l’exposition permanente. En exposant la collection des sculptures dans ces ailes, l’ensemble du bâtiment existant peut être conservé avec des adaptations techniques légères. L’extension consiste en trois parties : l’exposition permanente dans un bâtiment horizontal qui couvre le site dans son entièreté, un sous-sol pour le stockage et la restauration, et une émergence de trois niveaux pour les expositions temporaires rendant l’Institution plus visible dans la ville et offrant une vue inédite sur ce même centre-ville.

 

Phasage

Le scénario le plus opportun doit tenir compte de la continuité du fonctionnement du musée, et de la longue procédure du dossier de restauration. Dans un premier temps, l’idée serait de construire la partie de l’extension donnant sur la rue Fauquez avec son sous-sol qui comprend les espaces de stockage et la tour. Pendant cette période le musée continuera de fonctionner de manière habituelle pendant que le dossier de restauration suit son cours. Dans un second temps, la collection sera déménagée et archivée, une exposition peut être organisée dans le nouveau bâtiment. Enfin, la restauration démarrera et la deuxième partie de l’extension autour du bâtiment Horta sera construite. Finalement, l’exposition permanente verra le jour, et le bâtiment Horta commencera sa nouvelle vie d’espace public.