Doorzoek volledige site
05 december 2018 | MICHEL CHARLIER

En 2023, Bruxelles ronronnera de plaisir !

Le musée du Chat et du cartoon se situera à deux pas du Palais Royal et du Parc de Bruxelles. Illustratie | SAU-MSI.brussels & Atelier Pierre Hebbelinck
Le musée se trouvera à l'intersection de plusieurs institutions publiques et/ou culturelles Illustratie | SAU-MSI.brussels
Un outil contemporain dans un écrin d'histoire Illustratie | SAU-MSI.brussels & Atelier Pierre Hebbelinck

Un musée du Chat (celui de Philippe Geluck) et du cartoon va voir le jour au centre de Bruxelles, plus précisément sur le site du BIP (Brussels Info Place). Ce n’est pas pour tout de suite, car l’inauguration n’est prévue qu’en 2023, mais la convention de partenariat relative à la construction et à l’exploitation de ce musée vient d’être signée. Le projet architectural a été conçu par Pierre Hebbelinck et le musée sera construit par la Société d’Aménagement Urbain (sau-msi.brussels).

Un ambitieux projet culturel

Grâce à ce musée original, Bruxelles deviendra « la troisième ville du cartoon en Europe, après Londres et Bâle, mais la première par l’ampleur de son projet », affirme le dessinateur Philippe Geluck, à l’initiative du projet. Ce que confirme le Ministre-Président Rudi Vervoort en parlant « d’un ambitieux projet culturel sur un lieu chargé d’histoire, au cœur d’un quartier très prisé des Bruxellois amoureux de culture et de patrimoine, mais aussi des visiteurs belges ou étrangers ».

 

Un musée lié aux bâtiments voisins

La Société d’Aménagement Urbain érigera un immeuble modulable, qui viendra s’enchâsser entre le BIP (Maison de la Région) et Bozar. Compte tenu de son enclavement entre des édifices classés, la SAU a dialogué avec la Commission royale des Monuments et sites, ainsi qu’avec l’asbl Mont des Arts. Le futur musée du Chat et du cartoon se trouvera en effet à l’intersection de plusieurs institutions publiques et/ou culturelles. La SAU a donc pris contact avec elles, dès le début, afin d’optimaliser son intervention dans ce périmètre, et pour qu’elles puissent éventuellement aussi en bénéficier. Ainsi, le projet offrira au Palais du Coudenberg une nouvelle liaison entre les vestiges archéologiques situés au sous-sol et le reste du parcours muséal situé au rez-de-chaussée, ce qui facilitera notamment l’accueil des personnes à mobilité réduite. Par ailleurs, des niveaux en sous-sol seront créés sous le futur musée du Chat et du cartoon, pour permettre à Bozar d’agrandir ses espaces de stockage, avec un accès direct à ces niveaux par l’étage de sa salle Henry Le Bœuf.
 

Un bâtiment résolument contemporain

L’architecte Pierre Hebbelinck, que la SAU a désigné dans le cadre d’un appel d’offres public, a proposé un bâtiment contemporain, un « immeuble-outil muséal, fonctionnel et modulable », comme il le définit lui-même. S’il a répondu à l’appel d’offre, c’est pour plusieurs raisons : « Le fait de travailler sur un lieu très spécifique de l’ancrage de la mémoire de Bruxelles. La sédimentation historique y est très puissante, l’accumulation de strates de l’histoire y est extraordinaire. L’idée de travailler autour d’un musée du dessin d’humour de manière générale et de celui de Philippe Geluck de manière spécifique. La fertilité de sens à dégager de la relation entre ces deux éléments. La perspective de créer un bâtiment neuf dans ce périmètre, ce qui arrive une fois tous les 50 ou 100 ans. La complexité, aussi, car c’est un défi ; et les défis, ça nous intéresse ! La thématique culturelle enfin, avec les possibles interconnections entre institutions culturelles. Nous avons, dès le départ, suggéré d’utiliser l’opportunité de connecter les institutions limitrophes que représente cette parcelle en forme de haricot, enclavée et non classée dans un périmètre où tout l’est. »

Pierre Hebbelinck entend ainsi faire de la « fine couture, avec une intervention à la fois respectueuse du site par ses gabarits ou ses raccords de corniches, mais aussi révélatrice de davantage de sens car elle amènera le passant à réaliser qu’à cet endroit obscur, méconnu, inutilisé, dégradé, émergera quelque chose de neuf, lumineux, qui vit, qui palpite, en bonne intelligence avec les édifices mitoyens. »

 

Démarrage et sources de financement

Le musée du Chat et du cartoon occupera environ 4 000 m2 de surfaces brutes sur 7 étages, dont 4 hors sol.

La SAU prévoit d’introduire la demande de permis d’urbanisme en 2019, d’entamer le chantier de construction en 2020 et de l’achever en 2022, l’équipe de Philippe Geluck assurant ensuite les aménagements intérieurs pour ouvrir le musée en 2023.

La SAU investira 9,38 millions € pour ériger l’immeuble « brut », modulable, tandis que Philippe Geluck financera l’ensemble des aménagements intérieurs, pour un montant de 4,5 millions, avec le soutien de mécènes et sponsors privés. Et Bozar amènera les 2,3 millions nécessaires pour créer ses espaces en sous-sol.

GERELATEERDE DOSSIERS