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27 november 2019 | MICHEL CHARLIER

La Sucrerie à Wavre. Mot d’ordre : PO-LY-VA-LEN-CE !

Illustratie | La Sucrerie
Illustratie | La Sucrerie

Le 9 novembre dernier, après quasiment 3 années de travaux, La Sucrerie a été inaugurée à Wavre sur le site d’une ancienne friche industrielle. Le lieu ne veut pas être (re)connu comme un centre culturel, mais comme un bâtiment polyvalent aux multiples possibilités. Tant les architectes qui l’ont conçu – A.D.E. Architectes et Montois Partners Architects – que le maître d’ouvrage – la Régie Communale Autonome – ont voulu que ce nouvel espace événementiel puisse également servir de lieu de rencontres, d’événements d’entreprise, de foires ou de salons. Le tout dans un bâtiment passif atteignant et dépassant même les critères PEB édictés par la Région Wallonne.

 

Le 3 novembre 2007, les États généraux de la Culture organisés à Wavre ont permis la prise de conscience par les acteurs eux-mêmes de la richesse du tissu culturel local, bien souvent insoupçonné. La Ville a dès lors voulu créer un outil destiné en priorité à sa population, afin de mettre en place des projets communs et continuer à tisser un maillage culturel. Le projet de La Sucrerie était né.

Une architecture faisant la part belle à la polyvalence

En 2010, un concours d’architecture a été lancé et a été remporté par les bureaux d’architecture ADE et Montois Partners, dont la proposition permettait, de manière tout à fait originale, de garantir la polyvalence des espaces et la multiplicité des fonctions, points centraux de la demande du maître d’ouvrage. Quelques péripéties juridico-administratives et une modification du type de fondation plus tard, le battage du premier pieu a lieu début 2017.

La polyvalence a donc constitué la colonne vertébrale du projet. L’idée de travailler sur des modules qui s’emboîtent à la manière d’un jeu d’enfant s’est rapidement imposée pour démontrer la multifonctionnalité du lieu, sa mixité mais aussi permettre, si besoin, sa croissance. L’architecture est construite autour d’un assemblage de cubes, avec plusieurs porte-à-faux et demi-niveaux, et s’inscrit dans une esthétique pure et contemporaine.

Une étude poussée des circulations

Cette plurifonctionnalité du lieu a également nécessité une étude poussée des circulations des visiteurs et des utilisateurs multiples. Il fallait assurer une accessibilité fluide et autonome à tous les lieux et à toutes les heures, certains fonctionnant quand d’autres sont fermés. La vaste esplanade, qui constitue également un espace culturel potentiel à ciel ouvert, fait office de point de rayonnement vers les différents espaces. Elle conduit le visiteur vers une façade vitrée surmontée d’un ample auvent vers lequel on converge naturellement. Cet effet d’attraction est renforcé par la transparence de cette façade qui contraste avec l’opacité des autres volumes, mais aussi par la continuité du revêtement de façade en pierre bleue identique pour l’intérieur et l’extérieur.

La finition brillante et lisse de l’auvent procure un effet miroir d’une grande légèreté qui permet de jouer avec la perception spatiale entre intérieur et extérieur et accompagne le visiteur vers le hall central. La petite surface d’eau située à l’entrée accentue encore l’effet de reflet. Une fois à l’intérieur, on peut se diriger vers la grande salle, ou monter à l’étage vers une vaste mezzanine, nœud de distribution, notamment vers le restaurant.

Hautes performances énergétiques

Le défi d’une maîtrise durable des énergies représentait une belle opportunité à saisir dans le cadre de La Sucrerie afin d’obtenir un bâtiment exemplaire, à hautes performances énergétiques. Dans ce contexte, tendre vers un choix du type ‘bâtiment passif’ s’imposait comme une réponse aux problèmes environnementaux et comme une alternative rentable aux techniques traditionnelles. Néanmoins, il n’existe pas de critères spécifiques ‘bâtiment passif’ pour un bâtiment comme celui-ci! Car ses contraintes sont très particulières (volumétrie, conditions d’utilisations non-stop, nécessité de renouvellement d’air…). Toutefois, toutes les exigences passives sont appliquées tant au niveau de l’enveloppe qu’au niveau des installations techniques et l’économie réalisée sera maximale tout en garantissant un confort supérieur à un bâtiment conventionnel du même type. Les critères PEB de la Région Wallonne seront respectés et même dépassés.

 

Combiner solutions liées à l’enveloppe et systèmes techniques performants

La conception du bâtiment propose des solutions liées à l’enveloppe du bâtiment (minutieusement étudiée pour réduire les besoins du bâtiment), à une utilisation d’énergie gratuite et à des systèmes techniques performants. Tout cela vise la diminution des besoins d’énergie primaire et permettent de respecter les critères du bâtiment basse énergie.
La production de froid est assurée par une machine frigorifique à condensateur à air installée en toiture. Des batteries de chauffe ou de refroidissement réchauffent ou refroidissent l’air en sortie des groupes de ventilation. Le chaud est assuré par deux chaudières à condensation (2 x 395 kW) avec en appoint un apport de chaleur provenant de groupes de cogénération. L’air neuf est en grande partie réchauffé par l’air extrait dans le bâtiment. Il récupère également une partie de son humidité via l’échangeur à roue hygroscopique (rendement de roue de l’ordre de 80 à 90 %) prévu dans la majorité des centrales de traitement d’air.

En mi-saison et lorsque les températures extérieures sont inférieures à +/- 18°C (au total 75 % du temps), le refroidissement est réalisé par free cooling à l’aide des groupes de ventilation ; en cas de température extérieure supérieure, une machine frigorifique (525 kW) à condenseur à air apporte le supplément nécessaire de refroidissement pour assurer le confort optimum.

Enfin, les panneaux photovoltaïques sont installés afin de compenser les consommations électriques des appareils techniques et les éclairages. Une installation de panneaux monocristallins haute performance est installée en toiture, pour une puissance totale de 70 kWc.

La performance énergétique globale de La Sucrerie permettra selon les calculs de réduire de 40 à 50% la consommation d’énergie primaire par rapport à un bâtiment conventionnel du même type d’usage.

 

La Sucrerie s’inscrit dans une zone appelée à se développer significativement. Le château de l’Ermitage tout proche sera bientôt rénové, pour s’affirmer comme lieu d’exposition et de rencontres et, dans le prolongement du parking de La Sucrerie, la future piscine verra le jour à l’horizon 2024.