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06 april 2016

Rénovation des fenêtres existantes

Contrôle de l’étanchéité à l’aide d’une jauge Illustratie | WTCB / CSTC

Une étanchéité à l’air correcte et une bonne isolation thermique permettent de réduire les déperditions thermiques des fenêtres et, par conséquent, d’augmenter leurs performances énergétiques et le confort des occupants. Selon le CSTC, il faudra agir sur le châssis ou sur le vitrage, selon que l’on souhaite améliorer respectivement l’étanchéité à l’air ou l’isolation thermique.

Les performances à atteindre en matière d’isolation thermique dans le cas de nouveaux bâtiments ou de rénovations avec permis d’urbanisme sont, pour la fenêtre, de Uw,max = 1,5 W/m².K en Flandre et de 1,8 W/m².K en Wallonie et à Bruxelles et, pour le vitrage, de Ug,max = 1,1 W/m².K. C’est donc vers ces performances qu’il faut tendre lorsque l’on envisage un remplacement complet de la fenêtre ou une rénovation partielle de celle-ci. D’un point de vue purement énergétique, le remplacement des fenêtres existantes par de nouvelles fenêtres équipées de vitrages performants (dits à haut rendement) ou par des fenêtres à haute performance énergétique (voir Les Dossiers du CSTC 2014/2.7 et 2015/4.5) reste la solution la plus efficace. Elle permet en outre de garantir des performances durables et adaptées aux besoins du maître d’ouvrage.

D’autres solutions (voir § 1) permettent cependant de ne pas procéder au remplacement complet de la fenêtre si celui-ci n’est pas envisageable pour diverses raisons telles que le prix, les désagréments causés par les travaux, les difficultés rencontrées en présence de bâtiments classés…, voire pas absolument nécessaire. Avant d’envisager la rénovation de la fenêtre, il faut procéder à une évaluation de ses profilés. En effet, le châssis existant ne pourra pas toujours être conservé s’il n’est, par exemple, plus en bon état ou plus adapté à l’usage ou aux performances attendues. Souvent, lorsque les fenêtres sont équipées de simple vitrage, le châssis ne permettra pas d’obtenir des performances énergétiques intéressantes. En outre, d’une part, il est souvent difficile de respecter l’ensemble des recommandations en matière de drainage de la feuillure des doubles vitrages et, d’autre part, le risque de concentration de condensation sur les châssis non isolants est bien réel. Le remplacement du simple vitrage constitue donc une solution temporaire et à envisager à court terme. Le remplacement complet de la fenêtre est, dès lors, souvent souhaitable.

En cas de rénovation énergétique d’un bâtiment, la ventilation ne doit pas être oubliée afin, notamment, d’éviter des problèmes d’humidité et d’assurer le confort des occupants (voir "Quelles solutions pour la ventilation en rénovation ?").

Enfin, pour atteindre des performances énergétiques élevées au niveau du bâtiment, le seul remplacement des fenêtres est souvent insuffisant et devra s’envisager avec l’isolation future de la façade.

Le présent article se focalise sur la rénovation des fenêtres existantes équipées de doubles vitrages datant d’avant 2000. Les solutions propres au remplacement du simple vitrage et à la pose de doubles fenêtres n’y seront pas abordées (voir Les Dossiers du CSTC 2012/3.8).

 

1. Solutions alternatives au remplacement complet de la fenêtre

Les solutions les plus courantes permettant d’éviter le remplacement complet de la fenêtre sont essentiellement :

  • l’amélioration de l’étanchéité à l’air des fenêtres existantes (voir Les Dossiers du CSTC 2012/3.8), des grands ensembles menuisés juxtaposés, du raccord de la menuiserie avec le gros œuvre (voir § 3)
  • l’amélioration des performances du vitrage :
    • le remplacement du vitrage existant par un double vitrage performant, voire un triple vitrage, pour autant que la résistance du profilé et la quincaillerie du châssis existant le permettent. Signalons toutefois qu’il existe des doubles vitrages présentant une valeur Ug de 0,8 W/m².K – solution idéale en rénovation (cas des profilés de faible épaisseur) – et dont le poids est réduit par rapport à celui d’un triple vitrage
    • le placement d’un film sur le vitrage, qui permet d’améliorer certaines performances (contrôle solaire, sécurité, anti-UV…), mais diminue la transmission visuelle. Ces films augmentent cependant le risque de casse thermique et leur impact sur la valeur Ug du vitrage est relativement faible s’il s’agit de films à contrôle solaire (voir Les Dossiers du CSTC 2014/2.6 et 2012/4.9).

 

2. Menuiseries existantes : critères initiaux

Le remplacement du vitrage existant nécessite le respect de différents critères énoncés ci-après.

2.1. Les matériaux

Pour une menuiserie en bois, un poinçonnement manuel à l’aide d’un stylet de 3 mm² permet, s’il ne s’enfonce pas dans le matériau, de valider la qualité de la menuiserie. Il y a lieu de vérifier la menuiserie en plusieurs endroits en faces extérieures, intérieures et en partie centrale (fond de feuillure). Il est en effet probable qu’un entretien superficiel ait pu camoufler certains désordres.

Pour une menuiserie en acier ou en aluminium, les actions de la corrosion pourront fragiliser les parois métalliques. Le test de poinçonnement s’avère également pertinent. Si la menuiserie métallique ne comporte pas de rupture thermique, la rénovation (à finalité énergétique) nécessitera le remplacement des châssis.

Pour une menuiserie en matière synthétique, une fragilisation des parois extérieures pourrait fortement hypothéquer la durabilité des châssis. Une vérification de la fragilité peut être effectuée par un impact d’une énergie égale à 0,5 Nm (soit un corps dur de 500 g tombant de 10 cm).

Si les critères de qualité des matériaux ne sont pas remplis, il y a lieu de remplacer les profilés. Pour les menuiseries en bois, le remplacement partiel reste possible.

 

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