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10 mei 2019

Des kits de détection de l'amiante pour accélérer les chantiers ?

Illustratie | CSTC

Les travaux de démolition ou de rénovation révèlent parfois la présence de matériaux susceptibles de contenir de l'amiante; l'entrepreneur est alors tenu de prélever des échantillons et de faire appel à un laboratoire spécialisé. La procédure est longue et coûteuse. Des kits de détection de l'amiante qui permettent à l'entrepreneur de réaliser lui-même les tests nécessaires sur le chantier pourraient y remédier. Le point sur deux technologies innovantes.

 

Détection infrarouge

Une certaine prudence s'impose pour l'instant. On trouve sur le marché un kit basé sur la détection infrarouge mais, selon une étude scientifique, sa fiabilité laisse à désirer. Le test s'est avéré fournir des faux-négatifs, surtout en présence de faibles teneurs en amiante et pour certains matériaux fortement liés, comme les mastics, les joints et les colles pour carrelage. Des faux-positifs sont apparus quand le matériau analysé contenait des carbonates ou des silicates dont le spectre est similaire à celui de l'amiante (notamment le talc ou les matières de charge minérales utilisées dans les peintures ou les enduits). 

Par contre, le test semble fiable pour les ardoises ou les plaques ondulées en amiante-ciment. Quoi qu'il en soit, la technique ne convient que pour tester des matériaux suffisamment réfléchissants. De ce fait, sa possibilité d'application sur les chantiers de construction demeure limitée.

Détection à base de biomolécules

Une autre méthode, empruntée à la biotechnologie, semble plus fiable et plus complète. Cette technique recourt à des biomolécules et plus précisément à des protéines ou des peptides qui, en se liant aux fibres d'amiante, aident à déterminer leur présence.

Une étude menée à l'université d'Hiroshima a démontré qu'une combinaison de deux protéines pouvait s'utiliser pour détecter plusieurs types d'amiante. Cette découverte a abouti à un brevet et à un kit de détection in-situ. Cependant, la technique se concentre uniquement sur la détection par filtration des fibres d'amiante présentes dans l'air et nécessite l'emploi d'un microscope à fluorescence sur le chantier, ce qui n'est pas évident.

ADEKIT

En partant également de la biotechnologie, Symbiose Biomaterials et le CSTC ont démontré que des peptides spécifiques (Genetically Engineered Peptides for Inorganics – GEPIs) peuvent s'utiliser pour détecter les fibres d'amiante dans les matériaux de construction. Dans le cadre du projet ADEKIT, subsidié par la Région wallonne, plusieurs GEPIs ont été identifiés afin de détecter fiablement le chrysotile mais aussi les autres types d'amiante. Sur cette base, une méthode pratique utilisable sur chantier a été développée: un morceau du matériau suspect est plongé dans un liquide qui change de couleur en présence d'amiante.

L'université de Liège s'est récemment associée au CSTC pour finaliser le développement de cette technologie couverte par deux brevets. Un partenaire industriel est recherché pour produire et commercialiser ce kit à l'avenir prometteur.