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28 november 2016 | TIM JANSSENS

Rénovation de la première église de Belgique entièrement coulée en béton armé

L'église Sainte-Suzanne a été presque entièrement édifiée en béton apparent.
Jonas Devos: "Au lieu de remplacer intégralement les claustras, nous les réparons à certains endroits ou intégrons des pièces d'ajustage que nous réalisons grâce à des gabarits faits sur mesure."
Les claustras avant restauration
Les claustras après restauration
Bien que les châssis aient été remplacés dans les années 50, ce qui a assombri l'intérieur, le caractère particulièrement ouvert de l'église est encore bien présent.

L'église Sainte-Suzanne à Schaerbeek est connue comme étant la plus ancienne église en béton du pays et constitue de ce fait un incontestable patrimoine architectural de grande valeur. Les façades et claustras en béton étant fortement dégradés, une restauration s'imposait. « Celle-ci est actuellement réalisée à 40 % et ressemble parfois plus à une étude scientifique qu'à un processus de construction étant donné la recherche intensive de compositions de béton adaptées, » explique Jonas Devos, responsable du projet chez Renotec.

 

Première église de Belgique entièrement coulée en béton armé, elle fut construite de 1926 à 1928, sur les plans de l’architecte Jean Combaz, qui s’inspira de l’église N-D du Raincy à Paris, construite en 1923. Elle s’en distingue cependant nettement, profondément inspirée par le style Art Déco. L’architecte y a recherché la variété des revêtements et des couleurs à l’extérieur du bâtiment. « Cette église résolument moderne a été édifiée en deux ans, ce qui est exceptionnel pour l'époque », raconte Jonas Devos, chef de projet senior restauration chez Renotec. « Comme l'église parisienne, l'église Sainte-Suzanne présente de nombreux claustras en béton, bien que les châssis aeint été remplacés dans les années 50, que le plafond ait été assombri et que certaines ouvertures aient été obstruées pour laisser moins de lumière pénétrer à l'intérieur (conformément à l'esprit religieux de l'époque). »

 

Le béton comme fil rouge

Bien que les techniques du béton n'en étaient qu'à leurs balbutiements il y a nonante ans, le matériau a été mis en oeuvre d'une manière très aboutie.  Outre la réparation de vitraux et des travaux de peinture, c'est la réparation des bétons qui constitue la partie la plus importante de la restauration. « Trois types différents de béton ont été utilisés (rouge, gris et blanc) », explique Jonas Devos. « Le béton rouge était encore partout en bon état et ne demandait que quelques travaux de remplissage ponctuels, mais le béton blanc des claustras était quant à lui dans un piteux état. Au lieu de les remplacer inégralement, nous les réparons à certains endroits ou intégrons des pièces d'ajustage que nous réalisons à l'aide de gabarits faits sur mesure. Le béton gris demande également d'indispensables réparations. Nous vernissons toutes les surfaces réparées pour égaliser et uniformiser les façades. Il est important de signaler que le plafond est constitué de poutres Vierendeel dont la portée enjambe toute l'église. De ce fait, aucune colonne de soutien n'était nécessaire et on put créer un seul grand espace, ce qui assez unique pour une église. »

 

Recherche méticuleuse

Le projet se décompose en quatre phases. Renotec a commencé par l'arrière, en principe la partie la plus facile. « Nous avons procédé ainsi parce que de nombreuses techniques appliquées de restauration sont assez expérimentales », commente Devos. « Tout le béton que nous utilisons a été développé spécifiquement pour ce projet. Pour le béton blanc, par exemple, nous avons testé plus de vingt échantillons, de manière à pouvoir s'approcher au mieux du béton existant quant à sa composition, son aspect, sa porosité et son ouvrabilité. Des mortiers à séchage lent (parfois même contenant de la chaux) forment une constante dans cette recherche, afin de laisser agir plus profondément l'alcalinité du béton. Il ne s'agit donc pas d'une réparation classique du béton avec des mortiers modifiés, mais une recherche méticuleuse de la bonne composition et de la meilleure mise en oeuvre. Parfois, cela ressemble davantage à une étude scientifique qu'à un processus de construction. Par ailleurs, nous appliquons également différentes méthodes de protection cathodique en fonction de circonstances particulières  – une spécialisation que nous menons depuis plus de dix ans et pour laquelle nous avons un personnel certifié, ce qui cadre bien avec notre volonté de disposer d'un maximum de compétences en interne et de développer notre savoir-faire.  Tout cela a pour conséquence une certaine lenteur. Une fois achevés, les travaux auront duré trois ans – soit un an de plus que ce qu'il a fallu pour construire l'édifice. »