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20 september 2019

Dominique Perrault signe la 5e extension de la Cour de Justice de Luxembourg

Illustratie | Perrault Architecture
Illustratie | Perrault Architecture
Illustratie | Perrault Architecture
Illustratie | Perrault Architecture

Afin de faire face à la croissance des besoins de la Cour, liés notamment aux adhésions de nouveaux Etats membres et à la création de nouvelles juridictions, plusieurs extensions de la Cour Européenne de Justice de Luxembourg ont vu le jour sur le plateau du Kirchberg depuis les années '80. Sur la lancée de la création de la 4e extension, initiée fin des années '90 et terminée en 2008, le bureau d'architecture français Dominique Perrault a conçu la 5e extension, qui a été officiellement inaugurée ce 19 septembre.

 

L'histoire de la Cour de Justice Européenne est partie d'un Palais, inauguré en 1973. Ce bâtiment, conçu par les architectes luxembourgeois Jean-Paul Conzemius et belges François Jamagne et Michel Vander Elst, a été ensuite étendu à trois reprises, dans les années '80-'90, par les architectes Bohdan Paczowski et Paul Fritsch. Dominique Perrault - avec Gaëlle Lauriot-Prévost - a pris le relais pour la conception de la 4e extension (réfection du Palais et construction de l’Anneau, des Tours A et B ainsi que de la Galerie reliant l’ensemble des bâtiments du complexe) et aujourd'hui pour la 5e, d'un volume brut de 181 000 m3. La réalisation architecturale a été confiée à une association momentanée SRA Architectes / Jean Petit Architectes.

Deux immeubles imbriqués

La 5e extension de la Cour Européenne de Justice est  constituée de deux ensembles imbriqués posés sur un socle commun. La tour se compose de deux volumes décalés : un premier volume doré de 27 étages et 103 m de hauit reprend la hauteur et l’image des deux tours déjà construites alors qu’un second volume noir d’une hauteur de 118 m (30 étages + installations techniques) et supérieur de 18 m par rapport tours actuelles, montre des façades qui font écho au bâtiment « Anneau » encerclant le Palais de Justice. L’élévation de ce volume noir crée un élément repère pour l’ensemble du site et ne dépasse pas la hauteur maximale autorisée.

De même, l’orientation donnée à la nouvelle tour vient interrompre le rythme donné par les deux tours existantes et le jeu des volumes fait apparaître une placette au pied de la façade nord-est du bâtiment marquant la nouvelle entrée. Celle-ci est pourvue d’un sas de contrôle couronné d’un large auvent. Située au même niveau que le parvis du Palais de Justice, la placette constitue un espace dégagé emprunté par les usagers de la tour arrivant par la rue Charles-Léon Hammes.

Façades dorées et noires

Les façades du premier volume « doré » sont composées de modules verticaux, larges de 120 cm. De plus, la maille dorée est intégrée aux façades à l‘image des deux autres tours. Les modules transparents et opaques sont alternés de façon aléatoire.

Le second volume noir se caractérise par des façades, ici appelées « façades miroir », qui sont également composées de modules de 120 cm de large. Une grille est formée par les parties opaques en verre émaillé noir qui encadrent les parties transparentes. Par la couleur générale de ses façades et les proportions de ses ouvertures, ce volume fait écho au Palais de Justice. Enfin, la façade de la nouvelle tour reste à une distance suffisante des tours existantes pour assurer la qualité de l’éclairage naturel dans tous les bureaux, existants ou créés.

Les façades sont traitées en rythme vertical alternant façades vitrées et trumeaux opaques revêtus de bardages métalliques dorés. Volume semi-enterré, le socle de la tour s’encastre dans un terrain à forte déclivité. Son point bas est situé au niveau du rez-de-chaussée de la galerie, son point haut au niveau de la rue Hammes et du rez-de-chaussée de la tour.

A l’intérieur, la communication entre les bâtiments existants et la nouvelle tour s’effectue par la galerie qui sera prolongée dans le cadre de l’extension. Le traitement de la couverture respecte l’existant et est constituée d'éléments vitrés selon un rythme de trois panneaux vitrés entre structure porteuse. Comme pour la verrière existante, les pentes sont alternées d’un module à l’autre.

Concept urbanistique et paysager

Les espaces extérieurs de la tour sont aménagés dans une intention de cohérence avec le site. Au niveau bas de la 3e tour, l’espace minéral constitué de gravillons concassés existant est prolongé tout le long du bâtiment. Un mur constitué de gabions et de végétaux est aménagé le long de la rue du Fort Niedergrünewald et permettra d’adapter la topographie du projet à la pente du terrain à l’aide d’un système de gradins. Un parking à vélos protégé d’une toiture en béton, est aménagé le long de ce mur. 

Concept technique et énergétique

Le concept technique et énergétique de la troisième tour a été conçu pour aboutir à un bâtiment ayant une demande énergétique très faible et générée par des techniques de production peu énergivores. Ainsi, notamment grâce au système de chauffage urbain et à la performance des équipements techniques le bâtiment obtient une certification énergétique de classe AAA, de niveau passif, selon le règlement Grand-Ducal du 11 mai 2012 et vise par ailleurs le niveau « excellent » propre à la certification environnementale BREEAM.

L’enveloppe du bâtiment

Le concept à la base a eu une incidence directe sur la conception des façades et plus particulièrement sur l’enveloppe globale de la tour qui répond à des critères exigeants d’isolation thermique, d’acoustique et de confort visuel. La demande énergétique du bâtiment sera fortement limitée grâce à l’enveloppe performante, l’exploitation de l’énergie solaire passive, l’éclairage naturel des lieux de travail, la récupération de la chaleur, la mise en place de techniques peu énergivores et l’exploitation d’énergies renouvelables.

L’exposition de la tour au soleil a été évaluée, pour élaborer un concept de protections solaires efficaces capables d’assurer une gestion optimale des gains solaires pour les maximiser en hiver et les limiter en période estivale. L’éclairage naturel a été évalué pour les différentes configurations de bureaux pour garantir un facteur de lumière du jour au niveau des places de travail minimisant ainsi le recours à l’éclairage artificiel.

L’enveloppe proposée permet d’assurer un besoin en chaleur minimal du bâtiment grâce à une isolation renforcée des parois opaques associée à des triples vitrages performants et intègre une protection solaire efficace sous forme de stores extérieurs réglables manuellement et de façon automatisée, sur les différentes façades.

Outre l’optimisation de l’enveloppe en termes de besoin de chaleur et de protection contre les surchauffes en été, une attention particulière a été portée à l’efficacité des installations techniques, en termes notamment de puissance installée, de rendement des équipements et de choix des commandes.

Inertie thermique, ventilation, production de froid et de chaleur

Les bureaux disposent d’une inertie importante grâce à un plafond en béton apparent ce qui permet de limiter les variations brusques des conditions intérieures. Pour garantir un climat intérieur et une qualité d’air agréable, les bureaux et autres espaces occupés seront ventilés mécaniquement. Le renouvellement d’air contrôlé est fourni par des centrales de traitement d’air à double flux avec récupération de chaleur et d’humidité ayant un rendement de récupération élevé supérieur à 75 %.

Deux unités de production de froid à régime de température différente seront installées pour assurer l’alimentation en froid des différentes parties de la tour. Les bureaux sont équipés d’îlots de refroidissement au plafond qui disposent d’un régime d’exploitation permettant pour la plus grande partie de l’année leur alimentation par les tours de refroidissement en free-chilling. En cas de températures extérieures trop élevées des machines de froid a très haut rendement prennent le relai pour assurer le refroidissement. 

Des panneaux photovoltaïques ont été installés en toiture. Etant donné que tout le complexe immobilier de la Cour de justice de l’Union européenne est alimenté en énergie à partir de la centrale de cogénération au gaz du Plateau de Kirchberg, la chaleur pour la nouvelle extension sera également fournie par le réseau de chauffage urbain. La puissance totale calorifique pour la totalité du bâtiment s’élève à 1’220 kW.

La distribution de chaleur est assurée par des convecteurs au sol côté façade pour les bureaux, les salles de réunions et les salles de cours. Des radiateurs sont prévus ponctuellement dans certains locaux. Le chauffage de l’air de ventilation est également prévu au niveau de la centrale de ventilation. Le chauffage de la galerie est assuré par l’exploitation des rejets du Data center.