Studio Japan part du concept d'« Accidental City » : un paysage urbain qui ne résulte pas d'un plan directeur unique, mais d'une accumulation d'interventions individuelles. Tant la ville diffuse flamande que la ville japonaise peuvent être lues selon cette logique, malgré leurs densités et cultures spatiales très différentes. Le Japon a donc été mobilisé comme miroir de la Flandre. En explorant ces deux contextes, le projet cherche des manières alternatives d'appréhender le territoire flamand fragmenté et d'utiliser ses qualités existantes comme point de départ pour la conception.
Un défi majeur au sein de l'« Accidental City » flamande est de rendre possible une densification supplémentaire sans empiéter systématiquement sur les espaces ouverts restants. Ces espaces ouverts portent en effet des systèmes écologiques, paysagers et hydrologiques essentiels. À partir de l'espace non bâti, l'espace négatif du village, le projet se concentre donc sur l'« espace résiduel » : des fragments non intentionnels issus de l'accumulation progressive de décisions individuelles, de transformations spatiales et de logiques territoriales changeantes. En activant ces espaces résiduels, le projet cherche à créer de nouvelles qualités spatiales au sein du tissu existant, sans extension supplémentaire.
La résilience climatique est abordée à partir de la préservation et du renforcement de l'espace ouvert. En cherchant de nouvelles qualités spatiales au sein du tissu bâti existant, le projet offre une alternative à l'étalement urbain supplémentaire. Ainsi, les grandes structures bleu-vertes peuvent être préservées pour la rétention des eaux, la biodiversité et les connexions écologiques. Parallèlement, de petites interventions paysagères sont également déployées au sein du noyau villageois afin de renforcer ces systèmes. La résilience climatique n'est donc pas considérée comme une intervention isolée, mais comme partie intégrante d'une stratégie spatiale plus large.
Le projet aborde l'étalement urbain comme un défi spatial contemporain, mais cherche à déplacer le débat de l'extension supplémentaire vers les potentiels du tissu existant. Il propose une manière alternative de regarder le tissu spatial existant. Le Japon y joue le rôle de miroir pour remettre en question des conditions flamandes familières. À partir de cette confrontation, le « residual space » est développé comme un nouveau prisme de conception, traduit en une boîte à outils et finalement testé dans des projets concrets à Berlaar. Ainsi, le projet établit délibérément un pont entre la recherche théorique et la pratique spatiale, et montre comment des espaces résiduels apparemment insignifiants peuvent constituer une clé pour la transformation future de nos villages.