Dans un contexte urbain où les espaces libres et accessibles se font rares ce projet imagine trois saunas le long de l'Akerselva, rivière d'Oslo en continuité avec son passé industriel. Il répond à la disparition des bains publics, lieux de rituel, d'hygiène, de rencontre et de soin, remplacés par des piscines et spas plus austères. Trois sites, une clairière, une île, un terrain délaissé sous une passerelle urbaine, couvrent des contextes variés et comblent l'absence de saunas au centre ville. Le bois vient de chalets démontés, en réemploi. La conception s'organise autour du rituel, porte, feu, bancs, fenêtre, lumière, ventilation, eau. Le projet, ancré dans une pratique collective, se veut une invitation, pas un programme fermé, pour réveiller une rivière qu'on avait oublié d'habiter.
Ce projet a soulevé plusieurs défis. La matérialité savoir d'où vient la matière et l'inscrire dans le réemploi, résolue par du bois de chalets norvégiens démontés. Le lien avec l'eau et la ville, prolonger la reconnexion d'Oslo à son eau jusqu'au tissu urbain, traité par un parcours du vestiaire à la baignade et des pilotis abritant la faune aquatique. La diversité des sites, une clairière isolée, une île inaccessible, un terrain urbain délaissé, traitée par trois typologies distinctes. Enfin, organiser la sociabilité intérieure sans l'imposer, répondue par la forme des bancs, hexagone autour du feu à Nydalen, face à face à Sagene, gradins vers l'eau à Grünerløkka.
Ce projet répond à la résilience climatique à plusieurs échelles. Sur le plan matériel le réemploi du bois de chalets démontés réduit l'empreinte carbone et s'inscrit dans une sobriété des moyens plutôt que dans la construction neuve. Sur le plan écologique, les fondations sur pilotis à niches abritent la faune aquatique et les toitures débordantes gèrent les eaux de ruissellement, prenant soin de la rivière depuis l'architecture elle-même. Sur le plan constructif des structures légères démontables et évolutives s'adaptent aux usages et aux saisons plutôt que de figer un programme. Sur le plan social enfin, un accès gratuit ou peu coûteux à un espace de bien être renforce une forme de résilience collective, face à l'individualisation et à l'éloignement croissant à la nature en ville.
Ce projet mérite un Student Award car il repose sur une méthodologie rare, dessin analytique de références, chantier réel lors d'un workshop, cinq mois d'immersion et d'échanges avec les usagers et l'association Oslo Badstuforening, ancrant chaque choix dans un usage vécu plutôt que théorique. Il porte aussi une résilience climatique, réemploi du bois de chalets démontés, structures légères et démontables, fondations à niches et radeaux végétalisés qui abritent la faune aquatique. La question de l'eau y est centrale, chaque parcours relie l'espace public à la baignade prolongeant la reconnexion d'Oslo à son fjord jusqu'au centre urbain. Trois sites différents reçoivent trois typologies distinctes, montrant une architecture publique modeste et écologique.