Le projet consiste en la restructuration globale du centre ADEPS de La Marlette, équipement sportif public implanté à la rencontre d’un paysage industriel, forestier et fluvial. La mission visait à remplacer des infrastructures devenues obsolètes tout en préservant les qualités paysagères et l’organisation ouverte du site, caractérisée par des bâtiments dispersés et des vides structurants. Elle articule la réhabilitation du bâtiment d’accueil, des hébergements et de la maison du directeur avec la reconstruction du hall omnisports et du hangar à bateaux. L’intervention cherche à recomposer un ensemble lisible, fonctionnel et cohérent, où les espaces extérieurs, les parcours et les seuils structurent les usages et renforcent la qualité d’accueil et de fonctionnement de cet équipement collectif.
Le projet devait répondre à l’obsolescence technique et fonctionnelle d’un équipement tout en intervenant sur un site fragmenté, peu lisible et fortement marqué par son paysage. La réponse repose sur une stratégie de clarification globale : implantation des nouveaux volumes autour de deux placettes qui structurent les usages, hiérarchisation des circulations et renforcement du lien au canal et aux espaces naturels. L’unité architecturale entre bâtiments existants et nouveaux est assurée par un vocabulaire commun de matériaux et de proportions. La complexité programmatique est résolue par une organisation rationnelle, évolutive et lisible, permettant d’assurer à la fois autonomie des fonctions, mutualisation des espaces et qualité d’exploitation à long terme.
Le projet développe une approche durable adaptée à un équipement public intensif, en combinant performance énergétique, robustesse constructive et pérennité d’usage. La réhabilitation partielle du bâti existant permet de limiter l’empreinte carbone et les déchets, tandis que les nouvelles constructions compactes s’inscrivent dans une logique bioclimatique et répondent à des standards énergétiques élevés. Les systèmes constructifs simples, rationnels et évolutifs facilitent la maintenance et permettent une adaptation future des usages. Le projet intègre également une gestion paysagère durable, incluant la gestion des eaux pluviales, la limitation des surfaces imperméables et le renforcement de la biodiversité. Enfin, la qualité d’usage et la lisibilité des espaces garantissent une durabilité sociale forte.
La Marlette démontre qu’un bâtiment utilitaire peut dépasser sa seule dimension fonctionnelle pour devenir un véritable projet d’architecture. En s’appuyant sur les vides, les parcours et les relations entre bâtiments et paysage, le projet recompose un ensemble fragmenté en un équipement lisible, efficace et généreux. Il articule avec justesse réhabilitation et reconstruction, performance technique et qualité spatiale. Par sa capacité à transformer en profondeur un site existant sans en effacer les qualités, il propose une réponse exemplaire aux enjeux contemporains des équipements publics, conciliant intensité d’usage, durabilité et qualité du cadre de vie.