Le projet du parc du Tumulus s’inscrit dans un marché public porté par la Ville de Waremme, dans le cadre de l’appel à projets « Parc urbain » du Gouvernement wallon, visant la création d’espaces verts contribuant à l’adaptation aux changements climatiques. Il porte sur la transformation d’une place largement minéralisée et délaissée d’environ 2.500 m², située au cœur d’un quartier résidentiel, en un espace public végétalisé et accessible. La mission couvrait l’étude, la conception, l’animation d’un processus participatif et le suivi de l’exécution, mobilisant des compétences en paysage, urbanisme et écologie. Le projet vise l’adaptation climatique, le développement de la biodiversité, la qualité d’usage et la maîtrise des coûts d’entretien.
Le principal défi résidait dans la transformation d’un site largement minéralisé, peu qualitatif et contraint, en un espace public vivant et appropriable par tous. Il s’agissait également de concilier des usages multiples (école, habitants, enfants) sur une surface limitée. Le projet répond à ces enjeux par une désimperméabilisation ambitieuse et la mise en place d’une structure paysagère simple et lisible, organisant cheminements, zones d’usages et milieux plantés. Une attention particulière a été portée à la gestion des eaux, au choix de végétaux adaptés et à une conception sobre permettant de limiter les coûts d’entretien, tout en garantissant la durabilité et l’évolutivité du parc.
Le projet s’inscrit dans une approche durable intégrée, combinant gestion de l’eau, sobriété matérielle et résilience écologique. Les eaux pluviales sont infiltrées directement sur site via un jardin de pluie, limitant les rejets vers le réseau. Les revêtements privilégient des matériaux issus du réemploi, notamment des pavés en porphyre scié. Les terres excavées sont entièrement réutilisées et renaturées in situ, sans apport de nouvelle terre arable. La palette végétale, adaptée aux conditions climatiques actuelles et futures, favorise la biodiversité et limite les besoins en entretien et en arrosage. La gestion différenciée des espaces permet d’accompagner l’évolution du site dans le temps. L’ensemble du projet vise ainsi à réduire son empreinte tout en garantissant sa pérennité.
Ce projet ne prétend pas être spectaculaire. Il s’inscrit plutôt dans une démarche attentive aux lieux ordinaires qui composent le quotidien des habitants. À Waremme, comme dans de nombreuses villes, le tissu urbain s’est constitué par strates successives, générant des espaces résiduels souvent peu lisibles et délaissés. Le parc du Tumulus montre qu’une intervention mesurée peut transformer ces fragments en véritables lieux de vie. En réconciliant nature, usages et cadre de vie, le projet démontre qu’il est possible de faire beaucoup avec peu, et que la régénération de ces espaces ordinaires constitue un levier essentiel pour améliorer durablement la ville.
Le projet constitue un modèle d’adaptation aux changements climatiques par une approche intégrée et reproductible à l’échelle locale. Il repose sur une désimperméabilisation significative des sols, favorisant l’infiltration des eaux pluviales et limitant les risques de ruissellement et d’inondation. Le développement d’une couverture végétale diversifiée contribue à la régulation thermique, à la création d’îlots de fraîcheur et au renforcement de la biodiversité. Par sa sobriété, l’utilisation de ressources locales et sa facilité de gestion, le projet démontre qu’il est possible de déployer des solutions efficaces, accessibles et duplicables dans de nombreux contextes urbains.