La mission de ce projet prend pour point de départ la problématique hydrique actuelle qui sévit dans les quartiers de Zwartberg à Genk. En raison du passé minier historique combiné à un fort taux d'imperméabilisation, le quartier est inondé lors de fortes précipitations. Le projet entend aborder cette problématique selon des principes régénératifs, par la plantation temporaire de miscanthus géant (Miscanthus giganteus) dans les quartiers. Ces plantes sont récoltées localement sur place, puis transformées en différents matériaux de construction destinés à fournir aux habitants les éléments nécessaires pour rendre le quartier adaptatif face à cette problématique et redonner de l'espace à l'eau. En trois étapes successives, le projet réalise ainsi une transformation dynamique des quartiers de Zwartberg.
Le défi majeur était de trouver le bon équilibre : comment offrir un espace maximal à l'excès d'eau sans que le quartier ne perde son espace de vie et sa qualité résidentielle ? La réponse réside dans l'usage multiple de l'espace. Plutôt que de sacrifier du terrain pour des bassins de rétention passifs, le choix s'est porté sur un paysage-éponge dynamique. En période humide, le paysage capte l'eau et la laisse s'infiltrer ; en période plus sèche, le même espace se transforme en parc de quartier verdoyant et en paysage productif pour les matériaux de construction. En superposant intelligemment infiltration, espace public et production de matériaux sur les mêmes mètres carrés, le quartier n'a pas à choisir entre habiter et gérer l'eau. L'eau cesse ainsi d'être une menace qui accapare de l'espace pour devenir un enrichissement direct du cadre de vie.
Le projet est résilient face au climat au sens le plus large, car il ne répond pas seulement aux inondations, mais à de multiples risques climatiques ainsi qu'à la résilience sociale. Grâce à l'effet éponge et à l'infiltration, le paysage absorbe les précipitations extrêmes, tandis que la végétation combat le stress thermique dans le quartier et contribue à atténuer les effets de la sécheresse. La culture du miscanthus géant stocke du CO₂ et produit des matériaux de construction biosourcés, ce qui réduit la dépendance aux matières premières fossiles. Le projet relie ainsi directement adaptation climatique et atténuation du changement climatique. De plus, le projet renforce la résilience climatique sociale : en construisant ensemble des pavillons de quartier locaux, les habitants contribuent collectivement à un cadre de vie vert, sain et pérenne.
Ce projet mérite l'Architectura Student Award parce qu'il démontre que les inondations ne sont pas un problème, mais une opportunité. Plutôt que d'évacuer rapidement les eaux de pluie par pompage, la conception utilise l'eau collectée pour faire pousser des cultures. Ces cultures fournissent ensuite une isolation naturelle intelligente et des matériaux de construction pour le quartier. Ce qui rend cette idée remarquable, c'est qu'elle est également applicable dans d'autres contextes, car la problématique hydrique est un enjeu très présent en Belgique aujourd'hui. Par ailleurs, la solution régénérative ne se contente pas de répondre à la question posée : elle restitue également quelque chose aux habitants des quartiers comme à la nature elle-même.