Archi-militant | Quand un jeune architecte doctorant s’engage sur la pente glissante des versants

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Les versants des zones fortement urbanisées comme Liège sont-ils voués à accueillir arbres à papillons et déchets sauvages ? Pas pour Thibault Marghem qui voit dans ces espaces une opportunité plus qu’une contrainte.

La Belgique figure parmi les pays les plus densément peuplés d’Europe. Une caractéristique qui amène les aménageurs à exploiter chaque friche, chaque terrain occupé par un immeuble décati. Parfois, ça se passe bien. Parfois beaucoup moins. En s’obstinant à voir sur un terrain plat les m² exploitables, on néglige des aspects pourtant essentiels comme une vue quelque peu dégagée, un endroit qui ne soit pas un corridor à vent, la perspective de voir autre chose que les fenêtres de ses voisins d’en face quand ce n’est pas la perspective d’une vue sur un mur aveugle… A l’extrême opposé, les coteaux et les versants semblent négligés de manière systématique. Sans doute parce qu’on ne peut y faire de la promotion immobilière de manière aussi rentable. Sans doute aussi parce que les friches se situent plus habituellement sur du plat que sur des espaces accrochés à flanc de collines. Il s’agit d’endroits plus difficilement accessibles qui sollicitent à la fois le courage financier des promoteurs et la créativité des architectes. 

Ce courage et même cet intérêt pour les endroits perchés, c’est celui que l’on retrouve chez Thibault Marghem. Fraîchement diplômé de la Faculté d’Architecture de l’université de Liège, Thibault a appris à considérer d’un œil neuf les relations entre la ville, la société et le territoire. Une première réflexion qui l’a ensuite amené à travailler comme assistant de recherche sur un projet financé par l’Union européenne, avant d’entreprendre un post-master dans des filières polytechniques en Suisse. Aujourd’hui, c’est à la faveur d’une bourse du FRS-FNRS que le jeune architecte va investiguer la question très intéressante des versants en trio avec Serge Schmitz, géographe, et Martina Barcelloni Corte, directrice de l’Unité de Recherche de la Faculté d’Architecture et promotrice principale de la thèse. Le thème de leur recherche ? Le rôle des versants dans le projet de la ville et du territoire. 

Autrefois occupés par des espaces dédiés à la défense, ces versants n’ont jamais suscité l’intérêt des développeurs immobiliers. Avec leur approche fonctionnaliste, les urbanistes et les promoteurs sont évidemment plus enclins à développer sur du plat que sur des pentes… Avec la raréfaction des surfaces, la question des versants revient toutefois aujourd’hui en force, mais l’attrait de ces terrains en pente est aussi ailleurs. Comme l’indique Thibault Marghem, les caractéristiques topographiques, écologiques et sociales de ces plans inclinés peuvent jouer un rôle important dans le cadre d’un développement urbain harmonieux.

 C’est donc sur cette pente glissante et inconfortable que va s’aventurer le jeune Thibault, cornaqué par ses deux guides de haute montagne que sont Serge Schmitz, géographe, et Martina Barcelloni Corte. Promis : une fois au sommet de l’Everest, on vous reparlera en détail du résultat de sa thèse. Ça promet assurément d’être passionnant. 

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