Le bois lamellé-collé constitue la structure porteuse d'une passerelle cyclable à Kortenberg
Le bois est de plus en plus souvent utilisé dans les projets d'infrastructure. La passerelle cyclable qui enjambe la Hoekstraat à Kortenberg, qui fait partie de l'autoroute cyclable F203 reliant Bertem à Bruxelles le long de l'E40, illustre cette évolution. Réalisé par Viabuild, ce pont associe le bois lamellé-collé au béton et montre comment ces deux matériaux peuvent se renforcer mutuellement sur le plan structurel. À l’instar de l’ensemble de l’autoroute cyclable, ce pont en bois a été conçu par l'association temporaire d’entreprises (GTE) MoVeR0, composé d’experts de Sweco, Arcadis et ZJA.
Le pont cyclable enjambant la Hoekstraat à Kortenberg a été livré il y a environ un an, en tant que dernier pont de la voie rapide cyclable F203. Une fois les travaux restants achevés, la voie rapide cyclable a pu être mise en service au printemps dernier.
Le pont se compose de poutres en bois lamellé-collé et d’un tablier en béton. Cette combinaison n’est pas le fruit du hasard : le bois absorbe efficacement les forces de traction et limite le poids propre de la structure, tandis que le tablier en béton offre une surface de roulement confortable et durable, nécessitant peu d’entretien. Parallèlement, le tablier en béton protège la structure porteuse en bois sous-jacente contre l’exposition directe à la pluie, ce qui réduit considérablement le risque d’infiltration d’humidité.
Afin de protéger entièrement la structure porteuse en bois contre l’humidité, celle-ci a également été traitée et recouverte d’une enveloppe en acier.
UN CHOIX DÉLIBÉRÉ DE NE PAS UTILISER DE BOIS MASIF
Sweco, Arcadis et ZJA ont délibérément opté pour du bois lamellé-collé pour les poutres. En effet, il aurait été difficile de réaliser les portées souhaitées avec du bois massif. La capacité portante supérieure a également permis une conception plus élancée. « Le bois est aussi un matériau très facile à travailler », explique Sweco. « Il peut ainsi être facilement adapté à des exigences de conception spécifiques et à des facteurs environnementaux. »
MARGE POUR LA DILATATION ET LE RÉTRÉCISSEMENT
Les raccords entre le tablier en béton et les poutres en bois ont toutefois nécessité une attention particulière, car le bois est sensible au retrait et à la dilatation dus aux variations de température et d’humidité. Sweco, Arcadis et ZJA ont prévu dans leur conception un espace permettant aux poutres de se dilater et de se contracter, afin d’exclure toute formation de fissures et toute accumulation de contraintes.
UN CHOIX DURABLE
Le choix du bois s’inscrivait toutefois également dans une démarche de durabilité. « Le bois est une ressource renouvelable et, de ce fait, son impact environnemental est bien moindre que celui du béton ou de l’acier », précise encore Sweco. « Le choix d’une structure porteuse en bois a donc considérablement réduit l’empreinte écologique du pont. »
PROJET EXEMPLAIRE
Il ne faut pas sous-estimer le caractère exemplaire de la passerelle cyclable sur la Hoekstraat. Elle démontre que le bois peut constituer une alternative valable aux matériaux à fort impact environnemental, tels que le béton et l’acier, non seulement pour les bâtiments, mais aussi dans les projets d’infrastructure, à condition que la conception structurelle et les détails soient bien adaptés à ce choix de matériau.