Paulussen allie performances acoustiques et utilisation modulaire du bois avec Forestlines® Acoustic
Paulussen Houthandel présente Forestlines® Acoustic, un nouveau système (en instance de brevet) destiné aux façades, cloisons et plafonds en bois. Cette solution associe le bois, l’aluminium et des matériaux acoustiquement absorbants dans une structure modulaire et démontable, alliant ainsi performances acoustiques et respect des normes de sécurité incendie.
Mais derrière ce système se cache également une vision plus large de l'utilisation du bois. Plutôt que de se rabattre systématiquement sur un nombre limité d'essences de bois familières, Paulussen souhaite associer les propriétés de chaque essence à l'application pour laquelle elle est la plus adaptée. Ainsi, Forestlines® Acoustic vise à créer davantage d'espace pour le bois local et les Lesser Known Timber Species (LKTS).
Concilier acoustique et sécurité incendie
À la base de Forestlines® Acoustic se trouve un dilemme technique. Une bonne performance acoustique nécessite généralement une structure suffisamment ouverte pour permettre l’absorption des ondes sonores. Du point de vue de la sécurité incendie, cette ouverture peut justement constituer un défi supplémentaire. Paulussen s’est donc mis en quête d’un système permettant de concilier ces deux exigences.
Le résultat s’appuie sur les principes du système Forestlines® existant. Le bois, l’aluminium et le matériau acoustiquement absorbant se voient chacun attribuer une fonction spécifique au sein de la structure. Parallèlement, le principe de base est resté d’atteindre les performances requises dans la mesure du possible sans recourir systématiquement à un traitement ignifuge du bois.
Pas une seule essence de bois pour tout
Au cours du processus de développement, le choix des matériaux a également pris une importance accrue. En effet, on attend beaucoup des essences de bois destinées à des applications de construction : elles doivent être suffisamment durables et stables, bien vieillir, être techniquement adaptées à leur environnement et répondre à des exigences en matière de comportement au feu, de disponibilité, d’origine et d’esthétique.
Selon Paulussen, il est peu judicieux de rechercher une seule essence de bois offrant des performances optimales dans tous ces domaines et pour chaque application. L’entreprise inverse donc le raisonnement : non pas « quelle essence de bois peut tout faire », mais « quelle essence de bois convient le mieux à une application spécifique ? »
« Cela peut sembler une nuance mineure, mais cela change fondamentalement la façon dont on considère le bois. Une essence de bois moins adaptée à une façade entièrement exposée à la pluie, au soleil et au vent peut parfaitement convenir sous un balcon, une galerie ou un auvent. Une essence locale qui ne présente pas une durabilité biologique suffisante pour une application extérieure fortement exposée peut, au contraire, s’avérer particulièrement intéressante dans un contexte abrité », explique Steven Paulussen.
Le comportement au feu, la durabilité biologique, la stabilité, l’exposition, la disponibilité et l’origine deviennent ainsi des paramètres permettant de déterminer le choix du bois pour chaque projet.
Davantage de possibilités pour le bois local
Cette approche s’inscrit dans le cadre du Green Deal Bois Local, au sein duquel Forestlines® Acoustic a été co-développé. Paulussen ne souhaite pas pour autant partir d’une seule essence locale qu’il faudrait adapter au plus grand nombre d’applications possible. Le point de départ consiste plutôt à examiner le bois disponible localement, puis à étudier les applications auxquelles il se prête.
Des essences telles que le hêtre, le peuplier et le chêne américain entrent ainsi en ligne de compte, mais selon l’entreprise, la recherche ne doit pas se limiter à celles-ci. Grâce aux connaissances et aux contacts disponibles au sein du Green Deal, Paulussen souhaite déterminer quelles autres essences disponibles localement présentent un potentiel pour des applications spécifiques dans le domaine de la construction.
Cela revient en partie à inverser la question classique. « Au lieu de demander à la forêt de fournir principalement les essences que le secteur de la construction connaît déjà, nous pouvons aussi faire le chemin inverse : voir quelles applications haut de gamme correspondent au bois disponible localement », explique Steven.
Les essences de bois moins connues également à l’étude
Le bois local n’est toutefois pas forcément le meilleur choix dans toutes les situations. Notamment lorsqu’une performance élevée en matière de réaction au feu est requise, les essences de bois locales ne disposent pas nécessairement des propriétés adéquates pour répondre aux exigences fixées.
C’est pourquoi, avec Forestlines® Acoustic, Paulussen s’intéresse également aux essences de bois moins connues. Au sein de ce vaste groupe d’essences moins utilisées commercialement, on peut trouver des essences dont les propriétés correspondent bien à des exigences techniques spécifiques, mais qui sont encore peu utilisées aujourd’hui dans le secteur de la construction.
Ici aussi, le degré d’exposition joue un rôle important. Un plafond en bois situé sous un balcon ou un auvent est par exemple soumis à des contraintes très différentes de celles d’une façade entièrement exposée. En tenant compte de manière explicite de ces différences lors du choix des matériaux, on peut mettre en avant des essences de bois qui, si elles sont moins adaptées à une application donnée, présentent toutefois un potentiel pour une autre.
Performances au feu avec un minimum de traitement
Outre une plus grande polyvalence des essences de bois, la pureté du matériau constitue également un principe fondamental. Paulussen souhaite, dans la mesure où cela est techniquement possible, atteindre les performances requises en matière de résistance au feu en s'appuyant sur les propriétés de l'essence de bois et la conception du système, sans soumettre le bois à un traitement ignifuge inutile.
À cet égard, l’entreprise ne se limite pas à examiner les performances au moment de la pose, mais prend également en compte toute la durée de vie du produit. En effet, dans le cas des produits en bois traités, des facteurs tels que l’humidité, le vieillissement, la lixiviation et l’entretien peuvent jouer un rôle. Lorsqu’une performance donnée peut être atteinte grâce aux propriétés intrinsèques du bois et du système, la dépendance vis-à-vis de tels traitements s’en trouve réduite.
Le fait de conserver le bois dans un état aussi pur que possible s’inscrit en outre dans les ambitions circulaires du système. Moins les matériaux sont traités de manière irréversible ou assemblés entre eux, plus les possibilités d’entretien, de remplacement et de réutilisation sont grandes.
Conception modulaire et démontable
Cette idée se traduit également dans la structure constructive de Forestlines® Acoustic. Les éléments en bois, les composants en aluminium et les matériaux acoustiques absorbants forment ensemble un seul système, mais sont conçus pour pouvoir être séparés les uns des autres.
Cette démontabilité doit permettre d’entretenir ou de remplacer des pièces individuelles sans devoir mettre hors service l’ensemble du système. À la fin d’une première phase d’utilisation, les différents flux de matériaux peuvent en outre être réutilisés ou traités séparément.
« Pour nous, la circularité va donc au-delà du simple choix du potentiel d’une matière première renouvelable. La circularité commence aussi par la manière dont on conçoit un produit », explique Steven.
D’un produit fixe à une plateforme flexible
Enfin, la conception modulaire signifie que Forestlines® Acoustic n’est pas nécessairement lié à une seule essence de bois ou à une seule combinaison de matériaux. Le choix de l’essence de bois peut varier en fonction des exigences techniques et des ambitions d’un projet.
C’est pourquoi Paulussen considère Forestlines® Acoustic non seulement comme un nouveau produit, mais aussi comme une plateforme permettant une utilisation plus diversifiée du bois. Car derrière ce développement se cache finalement un principe simple : le bois n’est pas un matériau de construction uniforme, mais un terme générique désignant des milliers d’essences aux propriétés variées. Selon Paulussen, en abordant ces différences comme des paramètres de conception, davantage d’essences de bois peuvent trouver une application de grande qualité.
Le fil conducteur est ainsi le choix de l’essence de bois adaptée à chaque application : locale lorsque c’est possible, des essences moins connues lorsque leurs propriétés spécifiques apportent une valeur ajoutée, et toujours en fonction des exigences techniques et architecturales du projet.