Deux blocs résidentiels sont implantés aux extrémités d'un site vacant. Entre eux se forme un parc public - une oasis verte en pleine zone suburbaine de Molenbeek. À l'initiative des architectes, le programme collectif d'habitation est dissocié et se pose dans le parc comme pavillon central de rencontre. Un logement de concierge au premier étage garantit le contrôle social et la sécurité. Le jeu des deux blocs résidentiels privés - disposés comme deux gardiens de l'entrée du parc - et la zone publique centrale avec un point d'ancrage central créent des conditions favorables pour les habitants et les visiteurs. L'architecture transforme le site en une pièce manquante de puzzle dans son quartier.
De nombreux projets en périphérie (bruxelloise) échouent en raison d'une attention limitée ou unilatérale à la dimension sociale de l'architecture. Ce contexte social est donc le plus grand défi de tels projets. Il faut bien comprendre le contexte pour bien répondre - et nous continuons notre recherche acharnée de telles réponses à travers divers projets de logement social. Pour Condor, l'accent a été mis de manière significative sur le contrôle social. Certaines choix de design - logements transversaux avec vue optimale, le pavillon (concierge), l'harmonisation fluide des chemins et volumes - assurent une interaction sociale douce, continue et néanmoins fortement présente. Le panoptisme sur le site de Condor n'est ni négatif ni limitant : à travers l'architecture, il est traduit en compréhension positive.
En termes de durabilité, nous gardons en tant que bureau quelques principes de base à l'esprit. L'architecture doit être compacte, avec des plans épurés et un cadre flexible avec un usage spatial appropriable. À Condor, un empilement logique des appartements et une structure simple sans murs porteurs génèrent des possibilités en tant que modèle flexible. En plus de l'adoption de techniques de pointe - le gouvernement bruxellois impose des normes élevées - nous voulons surtout souligner la durabilité sociale du projet. Ainsi, quelques interventions intelligentes réconcilient parfois pleinement l'histoire écologique et sociale : en intégrant des logements duplex dans la couronne de l'un des volumes résidentiels et du pavillon central, la surface brute et le mélange de fonctions ont été augmentés. Résultat : moins de surfaces dures, plus de verdure, davantage de qualité résidentielle et urbaine.
Dans le logement social, des volumes spartiates lourds et de vastes pelouses tondues sont conventionnellement omniprésents, et malheureusement problématiques. Avec des matériaux choisis avec soin, un plan exceptionnel et une fine ligne d'acier, Condor acquiert une élégance symbolique, apporte légèreté et identité dans un quartier plutôt monotone. Ainsi, les bâtiments s'élèvent au-dessus de quelques voisins massifs - mais le font de manière douce et subtile. Le paysage est également différent de ce que l'on trouve habituellement dans la construction de logements sociaux. Grâce à la différence de niveau sur le site, une prairie verte ondulante et luxuriante se développe autour des volumes bâtis. Le pavillon central garantit également le succès de cet espace vert. Cela permet à Condor de se poser comme une pièce manquante de puzzle dans son quartier.