Les deux parties d'un domaine de château sont réunies après des années de séparation. La maison de maître néoclassique à la porte d'entrée est restaurée et reçoit une nouvelle fonction résidentielle sous son toit mansardé. Dans le jardin, sous un groupe de hêtres rouges centenaires, trois villas-parc sont échelonnées autour de l'axe visuel historique vers le château. Leur forme de plan naît de trois pièces disposées autour d'une cage d'escalier autour de laquelle des terrasses sont enroulées. Leur forme sculptée les inscrit le long des chemins sinueux à travers le jardin historique. Le long du côté du Potuitpark, des maisons sont construites le long des murs qui, avec leur corniche et leur rythme, s'alignent sur l'orangerie existante tout en rappelant les impasses historiques.
Le projet est soigneusement intégré dans son contexte historique, où l'architecture s'harmonise avec les strates existantes. Les habitations forment une réinterprétation d'une typologie monastique et sont construites sur un mur de jardin ancien existant. Parallèlement, une forte emphase est mise sur l'intégration paysagère, avec respect pour les arbres centenaires et la végétation précieuse. De plus, le projet agit comme un lien urbain important, avec un nouvel accès public entre deux parcs urbains et la création d’une nouvelle place devant le château. Enfin, la restauration et la nouvelle construction sont harmonisées de manière à créer un ensemble cohérent et équilibré.
Le projet est conçu comme un concept de cohabitat avec une forte focalisation sur la durabilité sociale. Il met l'accent sur un mélange de résidents plus âgés et de jeunes familles avec enfants, créant ainsi une communauté vivante et solidaire. Un espace commun offre des lieux pour des rencontres et des activités et renforce la vie collective. Sur le plan énergétique, un réseau de chaleur géothermique partagé est choisi, assurant une fourniture d'énergie efficace et durable. Le bâtiment dispose d'une structure durable et d'un agencement flexible, permettant de s'adapter aux besoins d'habitation futurs. Dans le choix des matériaux, la durabilité est centrale, avec du bois pour les logements collectifs et de la brique chaulée pour les logements unifamiliaux, en harmonie avec la serre historique.
Ce projet mérite un prix Architectura car il est un excellent exemple de la façon dont l'architecture contemporaine, la durabilité et la valeur sociale ajoutée se rejoignent. Il s'agit d'un projet résidentiel unique et intergénérationnel où différentes générations cohabitent et s'entraident, renforçant ainsi la cohésion sociale et stimulant la connexion. Remarquable est la réalisation du premier réseau de chaleur géothermique partagé en Flandre, un pas innovant vers la fourniture d'énergie collective. En outre, le projet contribue à la rénovation urbaine durable en redonnant vie à un site de valeur historique et paysagère, tout en respectant ses qualités existantes. La situation près de la gare de Dampoort renforce encore l'engagement envers le renforcement du centre-ville et la mobilité durable.