La maison de jardinier située dans le parc historique du château Beukenhof date de 1883. Après huit années d’abandon, de vandalisme et de dégradation, elle nécessitait une rénovation, une restauration et une reconversion approfondies. Les annexes de mauvaise qualités et garage ont été démolies et remplacées par un pavillon en verre, conçu en contraste assumé avec les bâtiments historiques existants. Un espace polyvalent est créé, respectueux du contexte historique et paysager, tout en étant flexible pour accueillir des événements, ateliers et activités récréatives, sans alourdir la structure du parc. Au fil des années, un besoin pour ce type d’espace polyvalent est apparu dans le village. Il existait également une volonté de stimuler un tourisme local et durable dans la région de la Lys.
Le volume maximal était strictement limité par les prescriptions urbanistiques. Sur une surface restreinte, il fallait développer un programme pertinent, durable et financièrement viable afin d’éviter une nouvelle dégradation. Une attention particulière devait être portée à l’intégration paysagère. En enterrant partiellement le volume, il a été possible d’augmenter la surface utile tout en respectant l’enveloppe maximale. L’empreinte au sol et la hauteur — et donc l’impact sur le parc — restent limités. La profondeur de l’excavation a été volontairement fixée à hauteur d’assise, permettant aux rebords de servir de bancs et donnant l’impression d’être littéralement assis dans la forêt. Cette solution permet d’exploiter pleinement l’espace tout en garantissant une flexibilité optimale.
La reconversion du bâtiment historique constitue en soi un acte circulaire. Un nouveau souffle est donné au patrimoine local par une affectation pertinente renforçant la cohésion sociale de la communauté. La suppression des annexes a permis d’augmenter la compacité. L’isolation a été considérablement améliorée et les techniques sans énergies fossiles sont mutualisées pour les deux programmes, assurant une efficacité énergétique accrue. L’impact sur le parc est minimal et plusieurs nouveaux arbres ont été plantés. Le pavillon est entièrement démontable grâce à des assemblages boulonnés, ce qui le rend circulaire dans sa conception.
La maison du jardinier démontre comment une intervention modeste mais réfléchie peut générer une valeur maximale pour le bâtiment, le paysage, les utilisateurs et le village. La fonction polyvalente confère au projet une valeur sociétale importante. L’intégration poussée dans le parc historique, la construction semi-enterrée ingénieuse, la connexion transparente avec le paysage et la façade fermée côté rue générant de l’intimité témoignent d’un concept fort, respectueux du contexte et de la nature. Le projet mérite reconnaissance pour la manière dont il conjugue expérience, émerveillement et imagination avec fonctionnalité et toutes les dimensions de la durabilité (sociale, circulaire, énergétique, biologique, spatiale, usage multiple). Il est pleinement digne d’un Architectura-award.