Le projet se situe au coeur du domaine provincial de chevetogne qui s’étend sur un territoire de près de 600ha de campagnes et forêts. Au centre, un parc de loisirs de 200 ha accueille 450.000,00 visiteurs par an dans ses jardins, musées, restaurants, hébergements, aires de jeux, de détente et de découverte. L’intervention concerne une portion de paysage de 4 ha à la confluence des ruisseaux du Molinia et du Mivau qui creusent deux petits vallons aux coteaux boisés et alimentent les étangs du parc. Dans les années 70, une portion de la rivière est canalisée, les prairies asséchées et des voiries dessinées pour installer un caravaning. 50 ans plus tard, une partie de celui-ci est déplacée pour restaurer un paysage semi-naturel composé de zones humides, permettant d’accueillir les promeneurs
Le projet de paysage répond à plusieurs enjeux: environnement, mobilité et identité. La priorité est écologique et hydrologique en assurant une renaturation forte du lieu. Les portions de rivières sont retracées au centre de nouvelles prairies humides, animées de méandres, mares et marais pour favoriser la biodiversité, restaurer le cycle de l’eau et réguler les variations de débit. Le projet devait intégrer la traversée d’une voirie. Plutôt que d’ériger un pont, la conception a permis de descendre le niveau au plus près de l’eau comme un passage à gué proposant une immersion dans la nature. Des sentiers et une aire de jeux sont créés pour les nombreux promeneurs en assurant une continuité paysagère avec l’ensemble du domaine entre des espaces jardinés et des espaces de nature férale.
Ce projet joue trois rôles essentiels au niveau environnemental. Il est d’abord un maillon écologique du territoire démultipliant ses atouts. La spécificité des zones humides réalisées et les pratiques de gestion livrent des milieux très riches en biodiversité. Ces espaces stockent le carbone, le rafraîchissent l’air et infiltrent vers le sol. Le projet joue aussi un rôle dans la lutte contre les inondations avec des zones d’extension de crues pour stocker et ralentir l’eau en cas de crues. Enfin, le projet répond à des enjeux pédagogiques dans l’éducation et l’affection à l’environnement. En plus des classes vertes et autres balades guidées, le projet montre à toutes les familles la capacité à imaginer des parcs à la fois techniques, esthétiques, écologiques, ludiques et pratiques.
Ce projet, à l’échelle d’un parc public, est d’une certaine façon exemplaire dans la capacité à répondre à des enjeux multiples du territoire sans les opposer. Pendant plusieurs décennies, on a mis les fonctions techniques ou de mobilité au centre de l’aménagement du territoire, on a scindé les lieux « esthétiques » des espaces « sauvages », on a cultivé une forme de maitrise de la nature dont on connait aujourd’hui les limites. Ce projet tisse des liens entre les gens et leur territoire. Pour certains, c’est un lieu d’observation de la nature, pour d’autres de détente et contemplation, certains préfèrent le sport et les jeux en famille mais tous partagent une expérience spatiale respectueuse de la nature dans une forme d’équilibre vertueux.
Voir point précédent projet durable Un des objectifs centraux du projet est de répondre à ces enjeux en favorisant le cycle de l’eau, la biodiversité et le stockage carbone. Le projet est à la fois un outil d’action qui crée et favorise les services écosystémiques et un outil d’apprentissage et de changement culturel vers de nouvelles pratiques d’aménagement respectueux et d’utilisation vertueuse de nos territoires.