Archi-militant | Le façadisme revient en force à Bruxelles-Ville et c’est tant mieux…

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Face à la mise au placard des primes octroyées dans le cadre de Renolution, Bruxelles-Ville fait contre mauvaise fortune bon cœur en sortant de son chapeau une prime inattendue pour l’embellissement des façades. 

 

Si la situation financière de Bruxelles-Ville est enviable par rapport à celle d’autres commune de Bruxelles-Capitale, notamment grâce à son attractivité touristique, elle n’échappe toutefois pas totalement aux conséquences liées aux tuiles qui nous sont tombées sur la tête depuis ce fameux COVID: invasion de l’Ukraine en 2022, réélection de Trump, conflit au Moyen-Orient… Tous ces éléments ont impacté peu ou prou les finances locales, au moins indirectement. A force de rigueur, la cité de Manneken Pis a néanmoins réussi à terminer son dernier exercice avec un petit boni sans lever de nouvelles taxes. Et, malgré cette rigueur, vous savez quoi? Elle a sorti une nouvelle prime “embellissement des façades” dont vont pouvoir bénéficier tous ses administrés et toutes les entreprises présentes sur son territoire. Par "embellissement de façade", la ville entend les opérations de nettoyage, de peinture, de réparation d'enduits et autre application de traitement hydrofuge. Mais elle entend aussi soutenir des choses habituellement jugées plus futiles comme la restauration de moulures.

Evidemment, on est loin des primes octroyées par la Région sous la précédente législature. A l’époque dorée de Renolution, la Région de Bruxelles-Capitale pouvait facilement octroyer de 15 à 25.000 euros en primes pour des travaux de rénovation de façade. Et de 10 à 15.000 euros pour des travaux d’isolation. A Bruxelles-Ville, les montants sont plafonnés à 6.000 euros pour une intervention basique avec prise en charge de 40% de la facture, à 10.000 euros avec prise en charge de 50% de la facture si la façade fait plus de 10 mètres de large et à 14.000 euros avec plafond d’intervention de 60% du montant de la facture si la façade dépasse 20 mètres de large.

Des montants qui peuvent sembler chiches au premier abord, mais qui ne le sont en réalité pas du tout. Quand la Région brasse un budget global de 8 milliards d’euros, Bruxelles-Ville doit faire avec à peine plus d’un milliard d’euros. Bien sûr, les missions de la première sont plus lourdes que celles de la cité de Manneken Pis. Bien sûr, la Région de Bruxelles-Capitale doit se coltiner les embrouilles de la STIB, le boulet de l’emploi, la gestion des infrastructures, mais il y a à mon sens dans le chef de la majorité en place au Pentagone quelque chose qui tient du courage, de la clairvoyance et d’un choix politique bien assumé: celui de continuer de faire de Bruxelles-Ville un endroit où l’on se sent dans une commune qui respire le Bruxelles d’autrefois, agréable au regard et qui porte attention à tous ces détails de façade qui procure au promeneur (touriste ou local) l’agréable sentiment d’évoluer dans une ville agréable, plaisante et raccord au niveau architectural.

 

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