Architecture iconique en sous-sol : la puissance spatiale de la gare Villejuif–Gustave Roussy
Le Grand Paris Express constitue l’un des plus grands projets de génie civil en Europe. Ce réseau ambitieux redéfinit la mobilité en Île-de-France et contribue activement au développement d’une métropole durable. Dans cet ensemble d’envergure, la gare Villejuif–Gustave Roussy, conçue et réalisée par Dominique Perrault Architecte, s’impose comme un point névralgique.
Implantée au point haut du plateau de Longboyau, la gare se présente en surface comme un pavillon discret assurant la liaison entre intérieur et extérieur. Cette apparente simplicité est trompeuse. Une fois à l’intérieur, le visiteur découvre une expérience spatiale marquante, où le bâtiment s’enfonce littéralement dans les profondeurs du sol. En tant que l’une des infrastructures de transport les plus profondes de France, la gare représente une réalisation technique et architecturale d’envergure.
UNE ARCHITECTURE COMME DÉVOILEMENT PROGRESSIF
La force du projet réside dans sa mise en scène progressive. Ce qui commence comme un geste architectural retenu se transforme en un univers souterrain structuré. Le cylindre central, d’un diamètre de 70 mètres et son espace de 30 mètres évidé, constitue le cœur du projet. Escaliers mécaniques, galeries et balcons génèrent une circulation dynamique et font du déplacement une expérience en soi. Les visiteurs sont comme entraînés dans un labyrinthe subtil.
UN LIEN ENTRE SURFACE ET PROFONDEUR
La gare dépasse sa fonction d’infrastructure pour relier deux niveaux : celui de la surface et celui du sous-sol. Jusqu’au niveau -2, l’espace est librement accessible, prolongeant naturellement l’espace public vers l’intérieur. Commerces et services animent les galeries et transforment la gare en un lieu actif, propice au séjour et à la rencontre.
MATÉRIALITÉ, LUMIÈRE ET ACOUSTIQUE
L’architecture intérieure, conçue par Gaëlle Lauriot-Prévost, associée de Dominique Perrault Architecture, renforce la perception spatiale. L’acier inoxydable y joue un rôle central et se décline en différentes finitions : lisse, perforée, maillée, polie miroir ou satinée. Ce matériau, souvent perçu comme froid et industriel, acquiert ici une qualité plus nuancée.
Associé à un éclairage maîtrisé et à des éléments acoustiques, il crée une expérience sensorielle structurée. Reflets, jeux de lumière et absorption sonore accompagnent les usagers dans leur parcours et renforcent la lisibilité des espaces.
L’ART COMME DIMENSION POÉTIQUE
L’art est également intégré au projet. L’artiste chilien Iván Navarro a transformé le plafond du niveau -9 en un ciel étoilé composé de néons et de miroirs. L’installation comprend 58 caissons lumineux gravés des noms d’étoiles. Cette intervention apporte une dimension poétique à l’infrastructure, offrant aux voyageurs un moment de contemplation.
UNE NOUVELLE VISION DES INFRASTRUCTURES
La gare Villejuif–Gustave Roussy illustre l’évolution des infrastructures, qui passent d’espaces de transit purement fonctionnels à de véritables lieux publics. Le projet associe complexité technique et qualité architecturale et ouvre une réflexion sur l’avenir des pôles de mobilité.
Dans le cadre du Grand Paris Express, cette gare s’impose comme une référence de l’architecture contemporaine.