WVDM Living Lab : la réversibilité comme cœur de l’architecture circulaire
En 2026, le WVDM Living Lab, porté par le bureau MAKER architecten, incarne une révolution dans le domaine de la rénovation : celle d’un bâtiment conçu pour ne jamais devenir un déchet. Situé sur le campus de la VUB à Ixelles, ce projet pilote transforme 12 modules d’anciens logements étudiants, conçus en 1972 par Willy Van Der Meeren, en un laboratoire vivant de circularité et de réversibilité. Ici, chaque élément, du panneau de bois à la structure en béton, est pensé pour être démonté, réutilisé ou réinventé.
Une technique en quatre temps
Ici encore, le projet ne se contente pas de moderniser les espaces : il anticipe leurs futures transformations. Les architectes de MAKER ont développé quatre stratégies pour maximiser la flexibilité et la durabilité. La première, TENT, privilégie la conservation maximale de la structure existante avec un minimum de matériaux neufs. COCON, quant à elle, adapte le confort énergétique aux usages réels plutôt qu’à des normes uniformes, tandis que LAYERING met l’accent sur une enveloppe de bâtiment conçue en couches démontables et adaptables. Enfin, DONS intègre des stratégies passives, comme l’isolation ou l’inertie thermique, pour réduire l’empreinte carbone. Le résultat est un bâtiment qui n’est pas figé, mais un écosystème évolutif où les utilisateurs deviennent des acteurs de sa transformation.
De la théorie à la pratique
Avant même la première pierre, l’équipe de MAKER a consacré douze mois à une investigation technique poussée. Un mockup grandeur nature de la façade a permis de tester deux des quatre stratégies, validant leur faisabilité sur le terrain. Les critères d’évaluation étaient multiples : impact environnemental, coût global, démontabilité et réactivité aux besoins changeants. Chaque matériau a été choisi pour sa capacité à être traçable, standardisé et compatible avec d’autres projets, créant ainsi une banque de ressources partagée. La réutilisation in situ de panneaux en bois, d’éléments en béton ou de carrelage a été couplée à une récupération ex situ de moquette, d’isolation ou d’équipements sanitaires, prouvant que la circularité peut être à la fois ambitieuse et concrète.
Une structure adaptée
Le secret du WVDM Living Lab réside dans sa structure modulaire, inspirée d’un Meccano géant. Les composants, assemblés de manière réversible, permettent une adaptabilité instantanée : ajout ou retrait de couches, comme des revêtements en biomatériaux, selon les besoins. La patine des matériaux réutilisés devient une signature visuelle, rappelant l’histoire du lieu tout en offrant une esthétique unique. La logistique est également optimisée, avec un stockage facilité, un transport simplifié et un réemploi garanti. Comme l’explique l’équipe de MAKER, il ne s’agit pas simplement de standardiser pour simplifier, mais de maximiser la réutilisation en pensant chaque détail comme une pièce d’un puzzle plus grand.
VUB, un campus durable
Le projet s’inscrit dans une vision plus large, celle d’un campus durable. Les modules rénovés intègrent un réseau incluant services sociaux, gestion de l’eau, espaces verts et mobilité douce. La durabilité est abordée sous quatre angles : la préservation du patrimoine, avec la conservation de la structure originale en béton ; l’énergie, grâce à des stratégies passives réduisant les besoins ; la circularité, avec 100 % des matériaux démontables ou réutilisables ; et enfin l’économie, avec un coût global maîtrisé grâce au réemploi et à la modularité.
Le WVDM Living Lab n’est pas un cas à part dans le contexte du campus, mais bien la concrétisation d’une innovation supplémentaire