De l'église au cœur battant du village : la Sint-Amanduskerk de Zeveren se réinvente

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Au cœur du hameau de Zeveren, rattaché à la commune de Deinze en Flandre orientale, la Sint-Amanduskerk impose depuis des décennies l'identité du lieu. De moins en moins fréquentée, elle a vu son avenir basculer en 2021 lorsque le conseil de fabrique et la ville ont convenu de la retirer du culte pour lui offrir une seconde vie : devenir une maison de village multifonctionnelle, succédant à la vétuste salle Te Lande. Le projet incarne une démarche pionnière de réappropriation du patrimoine religieux flamand, dans une région où la baisse de la fréquentation contraint les pouvoirs publics à imaginer des destins alternatifs à leurs édifices.

Une trajectoire participative pilotée par les habitants

Dès 2022, Deinze inscrit la démarche dans le programme Toren-Breed, « réutiliser les églises ensemble », porté avec la province et l'asbl Avansa. Une vingtaine d'habitants se constitue en « trekkersgroep », une équipe d'ambassadeurs chargée de représenter la commune. Riverains, associations, école fondamentale, centre de jour Ter Linde et commerçants nourrissent la réflexion. Tout au long du processus, c'est la communauté qui donne le cap, réfléchissant aux usages futurs et dialoguant avec les concepteurs. Le point clé de cette réflexion est un texte de vision « Ouvrir les frontières », jetant les bases d'une séparation entre l'église, le cimetière et la place du village qui ne cloisonne plus mais relie.

Generiek Architects bv, maitre d’œuvre du projet

Pour traduire cette vision, la ville lance un concours en 2024 et désigne le bureau gantois Generiek Architects bv. Fondé en 2016 par Lorenz Adriaens, Lando De Keyzer et Richard Leung, le studio se définit par une « grammaire générique des typologies et des techniques » appliquée aux contextes les plus spécifiques. Pour Zeveren, le parti est clair: ne pas étendre le volume existant. L'accent porte sur le rendement spatial, le rassemblement d'usages, le confort et la durabilité, dans un respect scrupuleux du patrimoine et de l'intégration artistique. Le bureau conçoit aussi une salle de silence et des columbariums, répondant au souhait du conseil paroissial de préserver un lieu de recueillement.

 Préserver l'âme du bâtiment tout en l'ouvrant sur le village

Le geste le plus parlant se lit à l'extérieur, du côté du cimetière qui enveloppe l'église. Plutôt que de laisser l’ancienne dalle de béton cloisonner le lieu, le groupe de citoyens suggère une « séparation qui relie », concrétisée dès avril 2024 : la dalle cède la place à un dispositif transparent, accompagné de verdure et de bancs. Le bâtiment doit demeurer reconnaissable, conservant son rôle d'emblème identitaire tout en devenant le nouvel espace public central de Zeveren. La réhabilitation énergétique du gros œuvre, soutenue par le Fonds européen de développement régional (EFRO), atteste de la volonté d'allier sauvegarde patrimoniale et exigence environnementale.

Un projet déjà récompensé, une ouverture attendue pour 2026

La démarche a déjà reçu la GoeBezig-prijs et la Matexi Award du « quartier le plus fédérateur ». Une ultime célébration est prévue le 8 février 2026 pour marquer le retrait officiel du culte, puis les travaux s'étaleront sur 2026 et 2027. Ce chantier offre un modèle pour les communes européennes confrontées au même défi : prouver que participation citoyenne, sauvegarde patrimoniale et vision architecturale peuvent avancer de concert.

Source Generiek

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