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OPINION. On accorde trop peu d’attention à l’impact lié aux matériaux des installations techniques du bâtiment (Toon Possemiers)

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La transition énergétique met aujourd’hui fortement l’accent sur les performances opérationnelles des installations techniques du bâtiment. Selon Toon Possemiers, directeur d’abt be et CSO d’Oosterhoff, un autre impact environnemental risque ainsi de passer inaperçu : celui lié à la production de ces installations. Dans l’article d’opinion ci-dessous, récemment publié dans Installatie & Bouw, il plaide pour que l’on accorde davantage d’attention à cet impact lié aux matériaux et, dans le prolongement de cela, pour des installations qui, dès leur conception, soient facilement adaptables, démontables et réutilisables.

Au moment où j’écris ces lignes, nous sommes à nouveau en pleine crise énergétique. Il faut donc se réjouir que l’accent soit de plus en plus mis, dans le secteur des installations, sur l’électrification, avec les pompes à chaleur et les panneaux photovoltaïques comme fer de lance. L’électrification constitue pour moi le fondement logique. Sans abandonner les combustibles fossiles, nous resterons à la merci des aléas géopolitiques. Mais ce n’est pas de cela dont je souhaite parler. Ce que je voudrais aborder, en revanche, c’est l’impact environnemental des installations de bâtiment elles-mêmes – et non de leur fonctionnement. Cet impact lié aux matériaux reste aujourd’hui étonnamment peu mis en avant.

L’extraction des matières premières, la production des composants, le transport et l’installation dans un bâtiment, ainsi que l’élimination de l’installation après utilisation, entraînent en effet également des coûts environnementaux, exprimés par ce que l’on appelle les émissions liées aux matériaux ou le carbone incorporé de l’installation. Si nous voulons réellement lutter contre le changement climatique, nous devons tenir compte non seulement de la consommation énergétique des installations, mais aussi des conséquences des phases de production et d’élimination des déchets.

À partir de 2028, le calcul de cet impact combiné sera obligatoire dans le cadre de la directive sur la performance énergétique des bâtiments (EPBD) pour les bâtiments de plus de 1 000 m². Aux Pays-Bas, cela se fait déjà depuis un certain temps via ce qu’on appelle le « MilieuPrestatie Gebouwen » (MPG), un indicateur qui exprime l’empreinte environnementale d’un bâtiment. Ce n’est pas encore le cas en Belgique, mais TOTEM y est de plus en plus utilisé. Ces deux outils calculent, sur la base d’une analyse du cycle de vie (ACV) des différents matériaux, les coûts environnementaux sur toute la durée de vie d’un bâtiment – généralement cinquante ou soixante ans. Pour certains matériaux, tels que ceux utilisés pour les revêtements de façade ou l’isolation, les données disponibles sont suffisantes pour permettre un choix éclairé quant à une structure donnée. Les données disponibles concernant les installations sont toutefois très succinctes. Il est donc très difficile d’orienter la conception en fonction de celles-ci. C’est là que réside encore un défi pour les fabricants : ils devront non seulement produire des composants dont le coût environnemental est le plus bas possible, mais aussi investir dans des données environnementales étayées afin que nous puissions comparer leurs produits à ceux de leurs concurrents.

Pour compliquer encore un peu les choses, il convient également de tenir compte de la circularité des installations. En effet, calculer et orienter la conception en fonction de l’impact environnemental est une chose, mais maximiser l’adaptabilité et la réutilisation d’une installation en est une autre, tout aussi importante. Pour chaque composant réutilisé, il n’est pas nécessaire d’en produire un nouveau.

De nombreux composants des installations techniques ont une durée de vie limitée par rapport à celle d’un bâtiment. Pourtant, lors de la conception d’un bâtiment, on ne tient que très peu compte du remplacement ou de l’adaptation de ces installations. En conséquence, les conduites, câbles et gaines sont souvent impossibles à démonter sans les réduire en déchets, avec tous les murs, sols ou plafonds qu’ils traversent. Nous devons donc changer notre façon de concevoir et tenir compte du démontage. Cela conduit inévitablement à l’utilisation d’autres matériaux et techniques d’assemblage. Ces deux aspects visent souvent à réduire au maximum le temps d’installation, alors que ce sont précisément les coûts liés aux matériaux et à l’environnement que nous devrons réduire, aujourd’hui comme à l’avenir.

Les déchets sont des matières premières perdues. L'extraction de nouvelles matières premières et la fabrication de nouveaux produits entraînent à nouveau d'importants dommages environnementaux. De plus, pour ces deux aspects, nous dépendons fortement d'autres pays. Une dépendance que nous souhaitons, à la lumière de mon introduction, limiter autant que possible.

Source Installatie & Bouw

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